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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 14:51
Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

C'est la 10e édtion de l'UTBA... ... Et ça fait 10 ans que je rêve de la faire! Voilà c'est dit, le décor est planté. C'est encore une fois la preuve que dans la vie, on ne fait pas tout le temps ce qu'on veut et surtout quand on le veut. J'ai du être (très) patient pour prendre le départ de cette course. Mais cette fois, c'est la bonne, j'y suis !

 

Les calanques de l'Estérel, situées entre Cannes et Saint-Raphaël donnent place à un décor de rêve. Le contraste est saisissant avec les Alpes du Nord (Annecy). Ici, il fait chaud. Alors si vous vous demandez comment passer de 5°c (avec la pluie) à 32°c (au soleil) ? Et bien vous allez dans le Sud, à Mandelieu La Napoule. 

 

Avant cette belle épreuve qui me tend les bras, bien que plutôt calme et serein, je me pose quelques questions:

 

- Avec une (mauvaise) blessure musculaire qui a trainé durant l'hiver (une première pour moi!!!), serais-je prêt et assez entraîné pour ce challenge UTBA?

 

- Mon ventre, qui depuis quelques mois ne me fiche pas vraiment la paix. Ce w.e, me laissera-t-il tranquille???

....

 

Les objectifs pour ce challenge UTBA sont clairement définis, dans l'ordre:

- Prendre du plaisir !

- Finir l'épreuve pour les 3 points UTMB

- Si possible bien se classer, voir mieux si affinité !

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

Samedi 23 avril, 14h.

 

600 coureurs prennent le départ du petit TBA (25 km / 1000 D+) depuis la plage du château de Mandelieu la Napoule. Et parmi eux se trouvent (comme moi) les coureurs du Défi UTBA (25 km / 1000 D+ & 80 km / 3500 D+) à réaliser sur 2 jours.

 

L'idée pour moi, aujourd'hui, est de se focaliser sur mes sensations et de ne pas chercher à suivre "à tout prix" la tête de course, qui pour beaucoup d'entre eux n'auront "que" ce format à gérer. 

 

Cinq, quatre, trois, deux, un, ...

 

Ca part, comme à son acoutumée, très vite! D'emblée, je prends mon train. J'avoue que je me fais quasiment plus de soucis pour ce petit format que pour celui du lendemain parce que je n'ai pas l'habitude de courir sur des si petites distances. C'est un exercice (très) particulier. 

 

Aujourd'hui, il faut réussir à se livrer, sans trop se griller, et à l'inverse, ne pas aller trop doucement pour ne pas perdre trop de temps sur ses concurrents directs. 

 

Rapidement, je me rends compte que les jambes répondent correctement. Et je décide de ne plus patienter derrière les coureurs à la "queue leuleu" ! Je perds patience, et je double tout le monde. Vaille que vaille! Ces 25 km sont à faire, alors fonce !

 

Je rattrappe un tas de coureurs, un à un. Le parcours est vallonné, et le terrain est particulièrement technique. Il y a des cailloux de partout! Dans tous les sens! Des petits, des moyens, des gros, bref! De partout ! Dans les Alpes, on n'a pas du tout l'habitude d'avoir ce genre de terrain. 

 

Malgré ça, il faut courir, et c'est avec une motivation qui ne faiblit pas que je vois les km défiler. 

 

La chaleur, en ce début d'après midi, se fait ressentir. Alors je pense à boire régulièrement. 

 

A 10 km de l'arrivée, mon pote Thierry Ch. en "footing" :-) sur le parcours, me dit que je suis 2e! Et que le 1er est là juste devant moi à 10". Wouah !!! Ca, c'est une sacrée surprise! 

 

Je me savais "en jambes" mais de là à jouer pour le podium sur cette première étape du défi, quand même, ...

crédit photo Monaco Athlétisme

crédit photo Monaco Athlétisme

A partir de là, la bataille fait rage. Ca court encore plus vite! Nous sommes les 3 hommes de tête dans un mouchoir de poche. On se tient en 10", pas plus. Nous sommes tous les trois dans une allure qui ne laisserait penser à personne que nous allons prendre un départ le lendemain pour 80 bornes, c'est la beauté de ce sport!

 

Après les arêtes finales sur les hauteurs de Mandelieu, on file dans une descente que je qualifierai de "casse cou". Le 1er glisse, et tombe. Grosse chute. Mais il se relève tout de suite avec de la peinture en moins. 

 

Sur le replat, avant l'arrivée sur la plage du château, je laisse quelques longueurs à mes compagnons du jour. Je ne cherche pas à me mettre totalement dans le "rouge" pour essayer de recoller. Sur deux jours de course, et ayant repéré un peu le parcours la veille, je me dis que ca ne va pas se jouer à la minute entre nous au classement général final.

crédit photo Monaco Athlétisme
crédit photo Monaco Athlétisme

crédit photo Monaco Athlétisme

L'arrivée est grisante! Tapis rouge. Je franchis la ligne dans la même minute que mes adversaires en 3e position / 100, et 10e de la course / 600 !!! 25 km / 1000D+ en 2h13'. Belle moyenne! 

 

Le temps de reprendre mes esprits, j'échange quelques mots avec Seb Chaigneau qui me file quelques bons conseils pour le lendemain. Place à la récup express, je plonge mes gambettes dans l'eau (froide) de la mer, et je file manger pour récupérer !!!

 

Demain sera un autre jour, tout reste à faire, mais quitte à prendre le départ d'une course à étapes, mieux vaux déjà avoir quelques minutes d'avance que de retard, ...

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !
Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

Dimanche 24 avril, 

 

Levé 3h du matin, départ 5h. 

 

On ne se refait pas! J'adore cette ambiance de la nuit. C'est tellement magique !

 

Concernant mes jambes, j'ai l'impression d'avoir très bien récupéré de la veille. Je ne ressens aucune gêne, ni raideur, ni trauma. Bref, les voyants sont apparemment tous au vert. Mon ventre me joue quelques tours avant le départ. J'essaie de relativiser, je me mets dans ma bulle, ...

 

J'essaie de repérer, dans cette foule de coureurs impatients de vouloir en découdre, mes concurrents directs du DEFI mais je ne reconnais personne. 

 

Cinq, quatre, trois, deux, un, ...

 

Je pars pour une belle aventure! 80 km / 3500 D+ dans les entrailles des calanques de l'Estérel. 

crédit photo http://www.photo-sourire.com/

crédit photo http://www.photo-sourire.com/

Le flot des frontales se disperse progressivement. Le départ est quasi similaire qu'hier. Je n'en reviens pas comme je suis bien. Je cours sans pression, je savoure chaque instant, chaque minute, chaque foulée. Je me retrouve rapidement seul ce qui ne m'incite pas à courir plus vite que je ne le devrais...

 

Les premières lueurs du jour au dessus de la mer Méditérannée sont absolument grandioses! Le soleil se lève et les rayons transpercent les rares nuages au dessus de l'eau, le spectacle est fantastique. Quand on voit ça, on sait pourquoi on court !

 

Col de Notre Dame, PC2, km 17. 

J'arrive très frais à ce premier ravito. J'ai à peine 1h45' de course dans les jambes. Mon assistante de choc m'attend de pied ferme. :-) Elle commence à être rodée, tout se passe pour le mieux. Là, elle me balance une sacrée "bombe"!

-"Romain!!??"

"Oui!!??"

"Tu es 2e du challenge!"

"Quoi?? 2e ?? T'es sûre??"

"Oui, je suis sûre. Alors ne t'emballe pas, et reste tranquille" tels sont ses mots.

"OK mon capitaine!" et je reprends la route, oups, le sentier ...

 

J'avoue que je n'en crois pas mes oreilles car je suis vraiment parti prudemment. Mais ça ne me déstabilise pas pour autant, je continue mon petit bonhomme de chemin sur un rythme très régulier. Les sentiers et leurs cailloux se ressemblent à peu près tous. Alors je ne m'arrête pas trop dessus, à part vous dire qu'il y a beaucoup de cailloux!! Vraiment beaucoup de cailloux !!! Mais en revanche les paysages changent à chaque virage, c'est tout simplement majestueux !

 

Une longue descente nous conduit au PC5, à Agay, 2e ravito, km 32.

Toujours au top. Les jambes répondent super bien. Je me ravitaille. Mon classement provisoire semble inchangé. Les écarts sont les mêmes. 

 

A partir de là, je me sens pousser des ailes. La remontée vers le Rostel d'Agay se fait en une bouchée! Clic Clac c'est fait. Et que dire de la remontée sur le col de l'évêque? Je sens que je suis dans un grand Jour. Le JOUR J ?? Ca, on verra plus tard ...

Après une courte réflexion, je me dis: "Allez je joue! Je prends des risques. Il faut aller la chercher celle-là!" Je vois comment ça répond dans cette ascension et je fais le point au sommet.

 

PC 7, col de l'évêque, km 43.

J'ai repris beaucoup de coureurs (de l'ULTRA) dans cette montée. Et quand j'arrive au col, je retrouve ma ravitailleuse. Carole me signale que le classement n'a pas bougé. Pourtant, je sais que si des coureurs étaient derrière moi en train de se rapprocher (?), je les ai maintenant mis à distance. C'est certain. 

 

Je repars "gonflé" à bloc. Mais à ce moment là, je suis très loin de m'imaginer ce qu'il va m'arriver dans un peu plus d'une heure !!?? 

 

La montée au Cap ROUX est somptueuse. Obligé de marcher sur certaines portions tellement la pente est raide et le nombre de cailloux impressionnant.

 

Au sommet, je suis subjugué par la vue. Wouahh !! Je ne regarde pas mon chemin et "bing" je tape le pied droit dans un cailloux pointu (du style bien aiguisé), je me surprends à pester pendant au moins 10 minutes.

 

La descente sur le PC 9 est très technique, peut-être l'endroit le plus caillouteux de la course. On traverse des coulées de laves volcaniques, ils auraient pu ranger les cailloux quand même !!! :-)

 

Les points de vue sur la mer sont toujours aussi beaux. Mais cette portion est particulièrement longue. J'aperçois de temps en temps le col de Notre Dame (qui sera le prochain PC) mais j'ai l'impression qu'on s'en éloigne toujours. L'approche se veut laborieuse.

 

Le soleil se met soudainement à "taper" fort, très fort! A peine croyable, quand on sait qu'il neige sur les Alpes du Nord. Pour moi, c'est le coup de chaud. Mon ventre commence à me lâcher. J'ai envie de vomir. En quelques minutes, je ne trouve plus le goût à m'alimenter. La roue est en train de tourner.

 

L'ascension vers le col de Notre Dame est interminable. En plein cagnard, je mets un pas devant l'autre, en marchant, et rien que ça, c'est déjà un exploit. C'est la première grosse chaleur de l'année, et le changement climatique est brutal, c'est le moins que l'on puisse dire. Le thermomètre affiche 32°c au soleil et sans un courant d'air. 

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

PC 10, col de Notre Dame, km 56.

Quel soulagement de voir ce col, et surtout de (re)voir Carole. Je vais pouvoir me poser un peu. Encore une fois, elle a les mots justes. Et ça va clairement me relancer. J'ai franchement besoin d'un remontant. Je pose le cerveau et je me force à manger. Car si je m'écoute, c'est clair que je n'avale plus rien du tout!! Je suis simplement écoeuré. Vive les symptômes du coup de chaud !! 

 

Là, on ne rigole plus du tout. Je suis toujours pointé 2e et derrière, mes concurrents directs ont du sérieusement se rapprocher de moi car j'ai avancé tel un escargot dans cette dernière ascension. Bref, j'ai aussi fait comme j'ai pu...

 

Allez, je repars pour 10 km. J'essaie de garder le fil de la course dans ma tête et ne pas voir trop loin, donc je me fixe des objectifs plutôt courts. 

crédit photo http://www.photo-sourire.com/

crédit photo http://www.photo-sourire.com/

A peine reparti, David CODA (3e) revient sur mes talons. Oups, là, ça se complique sérieusement pour moi car si il accélère, je ne suis pas certain d'être en mesure de pouvoir suivre son rythme. 

 

Et c'est exactement ce qu'il se passe. On échange sympathiquement quelques mots, et je sens que le mal est fait aussi de son côté. Ca c'était la bonne nouvelle: On est tous cuits !!! Donc maintenant ça va se jouer au mental et rien d'autre... Mais bon, il me dépasse et je le laisse filer! 

 

Juste avant le prochain ravito, je rattrappe David C. Il me dit qu'il "a un coup de moins bien!". Je l'encourage à serrer les dents, à ce moment là, je crois qu'on peut finir ensemble. Je prends quelques longueurs, et sans le savoir, je passe en tête de la course !!!!!!!!!!!!! 

 

En effet, l'homme de tête depuis le départ ce matin abandonne dans le même temps au prochain ravito et monte dans un véhicule de secours. 

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

PC 11, Théoule sur mer, Km 66. 

Nous arrivons presque ensemble avec David C. au ravito. Je m'asperge d'eau car la chaleur ne fait que grimper... Je me ravitaille, et je vois David C. repartir plus vite que moi du ravito. Peut-être se dit-il que moins de temps on reste ici, mieux c'est !!?? J'emboite le pas, mais là, ...... silence radio ....... plus de son ......... plus d'image....... je n'arrive plus à courir. Mes muscles se tétanisent. J'ai des crampes un peu de partout. Je vois le premier s'en aller sans rien pouvoir faire. Je n'en reviens pas, mes jambes me lâchent d'un seul coup! Je marche, et me dis que je vais pouvoir relancer plus loin, mais rien n'y fait. Mes jambes sont raides comme des bouts de bois, courir devient désormais une tâche compliquée, et il reste 10 km avant de voir l'arrivée. L'histoire s'annonce épique ! 

 

L'ascension au Rocher des Monges se fait dans une douleur sans nom! Je n'arrive pas à suivre les coureurs qui me rattrapent. Je me concentre au maximum mais le pas est (trop) lourd. Au sommet, je relance avec le peu de force qu'il me reste. Je descends comme un "papy". Juste le fait de toucher les cailloux est une souffrance. 

 

Après quelques lacets, je retombe sur la fin du parcours de la veille (25 km). J'arrive à visualiser le parcours et ça m'aide énormément. Des coureurs me rattrapent mais c'est impossible pour moi de les suivre. Je me focalise uniquement sur mes forces. Le mental fait le reste !

 

Dans ma tête, les pensées plus ou moins bonnes s'entrechoquent. Je pense à énormément de choses. Et même si le petit diable vient taper à la porte pour me sommer d'abandonner, il est hors de question de lâcher l'affaire. Je suis soutenu par tellement de personnes, famille, amis, partenaires, le projet crohn, etc...

 

Tout ça m'emmène aux 2 derniers kilomètres. Ici, j'ai la sublime surprise de (re)trouver Carole venue me rejoindre pour m'encourager ... avant de rallier les plages nous conduisant au tapis rouge! Je n'ai jamais été aussi content de voir le château de Mandelieu La Napoule, et ainsi, de rallier la ligne d'arrivée quelques minutes plus tard. 

 

J'en termine à bout de force. Je suis Finisher !!!!! Le massif montagneux volcanique de l'Estérel n'aura pas eu raison de moi!!! Je ressors donc vivant des entrailles de ses calanques !!!!! Ouffff !!!!! J'ai bien failli y rester ...

 

Je suis finalement classé 6e / 100 au scatch de ce challenge des Balcons d'Azur au bout de 13h d'effort (cumulé) pour un total de 105 km et 4500 D+

 

Je vais sans aucun doute tirer plusieurs très bonnes leçons de cette course car jai l'impression d'en être ressorti grandi. Décidemment, on apprend toujours.

Je retiendrais pour ce parcours beaucoup de technicité, et des points de vue imprenables sur la mer. Franchement chouette !

 

Merci à l'organisation de nous proposer un tel w.e, et bien entendu merci à tous les bénévoles sans qui la course serait impossible.

 

Je tiens à féliciter tous les coureurs qui ont franchi la ligne d'arrivée, car franchement, pour une course de début de saison, je pense qu'elle va laisser des traces sérieuses dans les organismes. 

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

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commentaires

lami 05/05/2016 11:46

Merci pour ce recit. Tres belle course de votre part, j espere que la prochaine vous serez sur le podium car j y aicru pour vous jusqu au bout :-)
Au plaisir de vous lire
Sportivement

JPB 04/05/2016 07:26

C'est dur la vie d'artiste ... mais quel pied quand même !

JPB 04/05/2016 07:25

C'est dur la "vie d'artiste" mais quel pied quand même !
JPB

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