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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 16:03

A toi Philippe, et à toi Jean Luc

 

Il y a des époques qui ne s'oublient pas ...

 

En mars dernier, je suis invité par le Team Organisateur de la cyclosportive LA BISOU afin de présenter mon projet Un Crohn Une Montagne Un défi: Vaincre les MICI à l'occasion de l'assemblée et de la présentation de sa 14e édition. 

J'accepte bien volontiers l'invitation et présente avec beaucoup de joie, devant 200 personnes dans la salle de Peronnas (01), mon projet pour cette saison 2016, à savoir courir et récolter des fonds pour l'Association François Aupetit et les malades de Crohn.

 

A la suite de cette présentation, j'ai reçu de nombreux messages de soutien avec des personnes souhaitant m'aider d'une manière ou d'une autre pour la réalisation et l'aboutissement de mon défi. Ce fut une satisfaction intense d'être compris et encouragé à ce point. 

Après quelques discussions avec les copains de "la Bisou", l'idée de participer à cette 14ème édition n'a en fin de compte fait qu'un seul tour dans ma tête. Ca sera ma première course cycliste depuis 11 ans sans accrocher de dossards!

 

Le dimanche 10 avril, je me présente donc à Peronnas afin de parcourir les routes mythiques du Revermont. Au fur et à mesure que le départ approche, les souvenirs viennent se bousculer les uns après les autres dans ma tête, comme si je n'avais jamais arrêté le vélo de compétition. Tout revient subitement, les courses, les odeurs d'huiles camphrées, les réglages d'avant course, etc... bref, cette fois j'y suis vraiment !

Profil Bisou 140km - 2000 D+

Profil Bisou 140km - 2000 D+

Quand je me présente au départ, j'ai la grande surprise d'être attendu et accueilli sur la première ligne du peloton aux côtés des porteurs de maillots distinctifs. Jaune. A pois. Vert. Blanc. J'avoue que sur cette ligne de départ, avec 600 autres coureurs derrière moi, l'émotion fût énorme. Je serre des mains les unes après les autres, tout le monde se souvient... merci à tous. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Le discours de la femme de Philippe (BISOU) tragiquement disparu alors qu'il était sur son vélo et tué sur la route (Nous ne le répèterons jamais assez, conducteurs de véhicules à moteur: "Attention à nous cyclistes qui sommes très vulnérables" !!!) et le discours de Olivier FELIX (pour saluer la mémoire de son grand frère J.Luc parti bien trop tôt lui aussi) m'ont ému au plus haut point. 

 

Puis tout s'enchaîne très vite, la musique fait son apparition juste avant de lancer les coureurs. Et là, pas n'importe quelle musique puisqu'il s'agit de : "Vangelis- Across The Mountain" LA musique du départ de l'UTMB. On reconnaît bien la patte de Benjamin Jacquet (trailers dans l'âme!). On s'y croirait, et cela vient ajouter une note supplémentaire d'émotions. Bref, la manifestation est à son comble, cinq, quatre, trois, deux, un ... le départ est donné pour 140 km et 2000D+ sous un soleil resplendissant. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Le départ fictif dans Péronnas se fait derrière les motos et voitures officielles de course. En moins d'une minute, j'ai repris tous mes automatismes et tous mes repères. Rouler dans un peloton, qui plus est nerveux, n'est pas une tâche facile pour celles et ceux qui n'ont pas l'habitude. Moi, je peux compter sur 20 ans d'expérience et je peux dire, tout de suite, que ça m'a franchement bien aidé tout au long de la course. Savoir se placer. Savoir faire l'effort au bon moment. Savoir laisser faire. Se cacher. Se montrer, ...

 

Le départ réel est lancé à la sortie de la commune de Peronnas, et ça roule déjà très vite. Je vois 50 km/h sur des bouts droits. Ca part dans tous les sens. Il y a des attaques un peu de partout. Moi, j'ai décidé de rester dans les roues. Je n'ai absolument aucun repère quant à mon état de forme et encore moins sur un vélo. 11 ans sans compétition, ça ne s'improvise pas! Donc la stratégie est simple, on laisse les Elites se battrent devant, et après la première difficulté de la journée, on essaie d'accrocher un groupe et de ne plus le lâcher. 

 

Tout vient à point à qui sait attendre. Le premier GPM pointe le bout de son nez. Je respecte ma tactique à la lettre. Je ne me mets pas dans le rouge dans cette première ascension du Mont July. Je monte à mon train en gardant quelques bonnes roues. Je me surprends même à revenir sur un petit groupe dans lequel je retrouve deux copains, Nicolas Poncin et Cyril DUBUS. Cyril me demande si je me suis remis au vélo, je lui réponds ironiquement : "Oui seulement pour aujourd'hui!". Puis là-haut, on bascule ensemble. 

 

Devant, le trou est fait. Maintenant, il va falloir s'accrocher dans cette descente sinueuse et parfois très technique. Je garde la roue de Nicolas qui descend vraiment fort. Franchement, ça va très vite! Et puis, je laisse malencontreusement quelques mètres à la sortie d'un virage, et je dois me résoudre à laisser filer ces quelques coureurs. Je sais d'expérience que je ne reviendrais pas dessus tout seul. Alors je laisse quelques coureurs revenir sur moi avant d'attaquer la côte pour rejoindre le col de France. Là, on y voit plus clair, je me situe dans un bon groupe constitué d'une vingtaine de coureurs environ, mais devant ça roule fort, et on ne reviendra pas comme ça, sauf si tout le monde s'y emploie. Oui mais voilà, ce Mont July a déjà laissé des traces, et la loi du "chacun son rythme" prend désormais toute sa mesure. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Très rapidement arrive le 2e GPM du jour, soit l'ascension d'Arnand. J'ai vraiment de très bonnes jambes aujourd'hui. Le groupe grimpe sur un sacré bon tempo. Mais malgré ça, un autre groupe rentre sur nous juste avant le GPM. Du coup, mon groupe devient un peloton bien étoffé. 

 

Je connais chaque route, chaque paysage. Le tracé de la course est grandiose. Il y a un très bon esprit dans le peloton qui, néanmoins, n'amuse pas le terrain. Les bords de la rivière d'Ain sont toujours aussi majestueux aux abords du village de Thoirette et de Corveissiat. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

L'ascension au GPM 3, Cornod, va faire perdre quelques éléments du peloton par l'arrière. C'est une course usante, et c'est souvent comme ça que le tri se fait. Mes jambes répondent toujours aussi bien. On passe le 3e Grand Prix de la Montagne sans trop de difficultés. Je suis vraiment serein. Je savoure chaque instant. 

 

Je remarque depuis quelques kilomètres que l'on reprend beaucoup de coureurs seuls et isolés. Devant aussi ça doit bien écrémer! C'est pour ça que je profite de chaque instant dans ce peloton, car qui sait, c'est peut-être bientôt à mon tour de passer par la fenêtre? 

 

La difficulté tant attendu du jour arrive: la grimpée au Grand Corrent. Tout le monde la connaît. Elle est redoutable et ses pentes sont parfois bien raides. Je me détache naturellement aux coups de pédales avec 4 autres coureurs. Au sommet, on fait un peu le forcing pour essayer de se détacher complétement, mais l'avant garde du peloton veille au grain, et malgré une descente (très) rapide après le GPM, nous sommes repris. Pas grave, je me suis fait plaisir. Alors comme mes compagnons, je rentre dans le rang et fais attention aux bordures qui se créent à cause d'un vent prononcé de côté. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

La route nous emmène ensuite au pied de Saint Martin du Mont. Après une descente bien raide et sinueuse depuis Neuville-sur-Ain, la pente se dresse soudainement. Je vois l'ami J.Marc prendre quelques longueurs, et insister au palier de la côte pour se détacher complétement. Je décide alors de jouer ma carte en relançant franchement l'allure au sommet. Je parviens à rejoindre J.Marc (porteur du maillot vert) juste après ce dernier GPM de la journée, sommet de Saint Martin du Mont. Je n'attends pas dans sa roue, je relance immédiatement dans la descente. On se passe les relais, comme deux bons vieux briscards, le trou est fait avec le peloton. Mais le tracé désormais plus roulant avec le vent défavorable aura raison de nous deux, et le peloton reprendra l'avantage sur nous. Nous sommes repris. 

 

A partir d'ici, soit à 20 km de l'arrivée, il n'y a pas cinquante stratégies à adopter, il faut rester dans les roues, se refaire une cerise, et espérer pouvoir bien se placer dans le final pour disputer le sprint dans l'emballage final. 

 

Les kilomètres défilent vraiment très vite. Ca roule fort avec un léger vent de côté qui rend le peloton nerveux. J'aperçois régulièrement 50 km/h au compteur, ça donne une "petite" idée. 

 

A 10km de l'arrivée, au métier, je me replace sans "manger" de vent. Et je ne lâcherais plus ma place (dans les 10 premiers) jusque dans l'entrée de Peronnas. 

 

Ca "frotte" beaucoup, ça me plait, il me reste des jambes et du jus dans le moteur. Pour l'honneur, je disputerais ce sprint. A 200m de la ligne, je vois Nicolas P. me déborder par la droite, je le suis, mais ne parviens pas à le dépasser. Je finis donc 2e de ce beau peloton, à une anecdotique 102e place / 600 coureurs au départ, soit à 20' de la belle victoire du talentueux coureur SAVICKAS Zydrunas (BAC01). Mais bien sûr, l'essentiel n'est pas là. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

A peine la ligne franchie, la poignée de main avec Nicolas est sincère. D'instinct, je lui dis que cette arrivée m'a rappelé des merveilleux souvenirs. En effet, en 2005 je remportais cette même course devant ce même Nicolas P. Mais cette fois, il a eu sa revanche. :-)

 

Le plaisir que m'a provoqué cette 14e BISOU est unique. L'organisation a été au top du début à la fin du parcours. L'encadrement des motards pour la sécurité des cyclistes était digne des plus belles étapes du circuit. 

 

Je crois que le vélo on l'a dans la peau, ou pas du tout. Un jour, Jean Luc F. m'a dit:" Si tu prends le virus, il ne te quittera plus jamais!". Il avait raison. Je vis vélo. Je respire vélo. Je mange et bois vélo. Je ne manque jamais une grande classique ou un grand tour à la télévision. Ce sport me procure des émotions et des sensations uniques. Cette discipline, sur laquelle on tire à boulets rouge depuis des années, est l'un des plus beaux sports.

 

Ce matin, quand j'ai rechevauché mon vélo en direction de la ligne de départ, je savais que la journée serait exceptionnelle, sportivement et humainenent !

 

J'ai fortement pensé à nos deux copains Jean Luc et Philippe que j'ai longtemps cotoyé sur un vélo. Cette pensée n'a cessé de vivre en moi durant toute cette cyclosportive. Ils étaient avec moi. 

 

Un énorme MERCI à toute l'équipe organisatrice pour une course sans faille! BRAVO!! Merci à mon assistance! Merci à tous les copains! Tous vous revoir après autant d'années m'a fait extrêmement plaisir! Comme si on ne s’était jamais quitté. On a vécu une belle époque, et je crois que tout simplement ça ne s’oublie pas... Merci aussi à tous les bénévoles sans qui un tel évènement ne pourrait pas avoir lieu!

 

Ce fut une course parfaite à bien des niveaux! J'avais des (super)jambes et ... 11 ans après ... j'ai de nouveau pris un plaisir fou!

 

140km. 2000D+. 4h08'. 33 km/h de moyenne.

 

‪#‎AlpettazMultimedia‬ 

#‎flipbelt‬ 

#‎rapha‬ 

#‎raphastyle‬ 

‪#‎leveloplusqunepassion‬

‪#‎raphatravel‬ 

#‎sawondosport‬

 

Je donne rendez vous à tous les amoureux du vélo, le 4 septembre prochain, dans mon village natale à PERREX à l'occasion de la 1ère édition de la JEAN LUC FELIX. Assurément un Grand moment pour rendre hommage à un GRAND bonhomme !

La BISOU ... 11 ans après
La BISOU ... 11 ans après
La BISOU ... 11 ans après

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