Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 13:51
L' ULTRA RACE, ... une aventure Hors Norme

Mon histoire avec la MAXI RACE commence maintenant ​un peu à dater. Ma première participation remonte à 2008, mais à l'époque il s'agissait de "l'Annécime". Depuis, les années ont passé, ​la course a grandi et a fortement évolué, ​mais c'est toujours avec une immense joie d'accrocher un dossard et de (re)fouler les sentiers autour de ce lac. 

​D​es sentiers d'ailleurs que je commence à connaitre par cœur puisque depuis 7 ans maintenant c'est devenu mon terrain de jeu d'entraînements. 
​Autant dire que par endroit, je connais chaque caillou, ...
L' ULTRA RACE, ... une aventure Hors Norme
Cette année, la MaxiRace fait peau neuve avec un nouveau sponsor et un tout nouveau format qui me correspond beaucoup mieux: L'ULTRA RACE. 110 km. 7000 D+. Sur le papier, le profil est impressionnant, et en réalité il fait pâlir plus d'un quadri quand on connait un peu le secteur !!!
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Nous sommes le samedi 27 mai, il est 01h30' du matin. En clair, la nuit a été (très) courte. Aujourd'hui, j'ai une assistance de choc autour de moi, et il va bien falloir tout ça !
Mon père, Xavier, Benjamin vont former un trio incroyable avant d'être rejoint par Carole et Florence à Menthon-Saint-Bernard pour les derniers hectomètres de cette folle journée. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

J'ai la chance d'être positionné dans le premier SAS aux côtés ​de coureurs talentueux. Il y a franchement du très beau monde sur cette ligne de départ. Digne d'une course UTWT. Avant de lâcher les 900 coureurs, j'ai la possibilité de saluer une dernière fois mon assistance et de faire une bise à l'ami Cyril Cointre (organisateur de cette édition).
 
​Trois, deux, un, ... les fumigènes sont craqués, et nous partons fouler le bord du lac avant de retrouver les premières pentes du Semnoz. L'ambiance est sublime. Les départs de nuit procurent toujours une ​excitation particulière. 
Je me retrouve dans le groupe de tête, dans les foulées de François D'Haène, les américains, Caroline Chaverot, et j'en passe, ...
L'allure est bonne mais pas trop rapide. Ca me va très bien! Tout le monde sait que le menu du jour est copieux. Dès que les premières pentes du SEMNOZ apparaissent, je laisse filer volontairement tout ce beau monde et rentre définitivement dans ma bulle afin de faire MA course et de ne pas commettre d'erreur pouvant se payer cash par la suite. 
 
Je fais la montée du Semnoz à ma main, et ça se passe bien. Malgré la nuit, il fait déjà chaud. Mais néanmoins je n'hésite pas à remonter mes manchettes avant le sommet pour ne pas prendre froid. Un léger courant d'air, juste au niveau du restaurant portant le même nom, se fait bien ressentir. Je passe au sommet en 2h21' et rejoins illico mon assistance. On échange rapidement quelques mots, je refais le plein d'énergie, et me voilà reparti pour 50 km en autonomie quasi complète. C'est une des particularités de cette course, les coureurs sont tous à la même enseigne !
Credit photo: Cyrille Quintard

Credit photo: Cyrille Quintard

Je plonge vers Touvière et je rattrape pas mal de coureurs dans cette descente parfois technique. Dans la nuit, il est préférable d'avoir une bonne frontale, c'est mon cas, pour ne pas perdre trop de temps à essayer de deviner le terrain qui déroule sous nos pieds. Dans la descente, le but est d'appréhender au mieux chaque caillou qui peut très vite devenir un obstacle.
 
La remontée vers le col de la Cochette est une vraie vacherie. Certains sentiers sont totalement détériorés par les engins forestiers et c'est parfois dans une pataugeoire XXL que nous évoluons. Ça peut paraître comme ça anodin, mais l'état des pieds en prend un sacré coup ! 
Comme le SEMNOZ, je monte à ma main. Certains passages me surprennent vraiment. Les pourcentages sont parfois énormes ! Je passe au sommet du col de la Cochette en 28e position en 04h06'
Credit photo: Cyrille Quintard

Credit photo: Cyrille Quintard

La descente pour rejoindre le hameau "les maisons" est très pentue, et très technique. Le genre d'exercice qui laisse des traces. J'ai le plaisir de voir l'ami Didier "le Tiaff" en tant que bénévole. Aux "maisons" je refais le plein d'eau grâce à une rampe mise à disposition par l'organisation. 
 
D'ici au sommet du Mont Charbon, on prend 1400 D+. Pour ma part, j'essaie d’accélérer sérieusement. Je rentre pleinement dans la course. Ce côté du parcours est une totale nouveauté. C'est sauvage. Le massif naturel des Bauges est un territoire unique ! 
L'ascension jusqu'au sommet se veut longue et parfois difficile. Je suis concentré sur mon sujet. Le passage au niveau des escaliers ancrés dans la pierre est mythique. Le temps est clair, la vue sur le lac est somptueuse. Je passe au sommet en 21e position en 7h06'.
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Je bascule vers la Combe d'Ire. Je rattrape Jules Henri Gabioud (vainqueur du Tor des Géants, et membre du Team Salomon Suisse) qui n'a pas l'air au mieux. La chaleur commence a fortement se ressentir. La descente est un véritable carnage pour les organismes. Les quadris hurlent à chaque impact au sol tellement la pente est raide et la caillasse nombreuse. Un chantier pas possible. A la combe d'Ire, j'ai le plaisir d'apercevoir mon assistance venu m'encourager. Je suis pointé en 18e position, en 07h41'. 

Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

La suite? Une véritable surprise! Les 600 D+ entre la combe d'Ire et le sommet du "Replent Dessus"  sont surprenants. Je ne m'attendais pas du tout à ça. C'est long. C'est parfois technique et c'est souvent ennuyeux. Je l'écris comme je l'ai vécu. On côtoie un chemin forestier la plupart du temps sans réel point de vue. Le sommet est donc un extrême contraste avec la montée car c'est sans doute un des points les plus beaux de la course. Vue sur le lac avec les chalets. 
On plonge sur Giez. idem que la précédente, cette descente est pentue, parfois boueuse, et laisse également des traces dans les quadris. 
C'est indéniable, je n'ai jamais fait un ULTRA avec un début de course aussi dur physiquement. Mais dans quel état va-t-on finir? Je double quelques concurrents pas au mieux ! 
 
A Giez, je suis 17e en 09h00' de course. 
Les 5 km qui relient Giez à Doussard sont bien casse pattes. De plus, la chaleur s'est cette fois-ci définitivement invitée et il va falloir composer avec. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Doussard, 9h47', 16e. 
Base de vie importante. La foule présente sur ce point est déstabilisante. Jusqu'ici, j’étais seul (ou presque) et là on retrouve les concurrents des différents relais, la maxi race, etc... C'est surprenant comme sensation. C'est comme si ça vous sortait brusquement d'un rêve éveillé. 
Auprès de mon assistance, il est l'heure de faire le point. Je suis largement dans mes temps de passage. Mon classement est plus qu'honorable. La fatigue est présente, mais je gère encore bien mon effort. Je suis régulier dans mon allure. J'avoue accuser un peu le coup pour la première fois. Mais je me dis que mon ravitaillement va me remettre sur de bons rails. 
 
Je repars de Doussard, motivé et déterminé. Je connais par cœur les 40 km restants. Mais l'ascension du col de la Forclaz se veut laborieuse. Je n'arrive pas (ou plus) à courir sur les parties plus roulantes. Bizarre. J'ai (très) chaud. Je m'aide excessivement de mes bâtons pour garder un rythme généreux. Je passe le sommet en 1h environ ce qui est une déception pour moi. Bref, passons. Je rejoins le village de Montmin où je prends le temps de me rafraîchir à la fontaine. J'ai une envie terrible de me jeter dans le premier ruisseau venu. Pas de doute, je suis en train de prendre un gros coup de chaud. Et là, il va falloir gérer la suite car mon garçon on n'est pas encore arrivé. Alors je sers les dents. Et vous savez comment ça se passe!? Quand le moral est en chute libre c'est tout le corps qui se met à faire mal. Je me ressaisis autant que je le peux. Je m'envahis de pensées positives et j'essaie surtout de continuer à boire et manger. Cette lucidité et cette force d'esprit peut m'emmener au bout. On fera le bilan à la fin !
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Cette portion entre le col de la Forclaz et le sommet du Roc de Lancrenaz est tout simplement grandiose. De la vrai montagne, authentique comme on l'aime. Les paysages sont à couper le souffle. J'habite par ici pourtant, mais c'est à chaque fois la même émotion qui me transporte. J’enchaîne: Chalet de l'Aulp, Chalet des crottes, Puis enfin le célèbre ROC avec vue sur la Tournette. Là haut, je suis pointé en 15e position en 12h39'.
 
La descente sur Villard-Dessus, tout le monde (ou presque) la connait. Un chantier! Extrêmement pentu, extrêmement technique, extrêmement difficile... Pourtant, j'aime cet exercice, mais aujourd’hui faut dire qu'on est servi. Chaque caillou vient taper dans les pieds, c'est un supplice! Pas d'autres alternatives que d'encaisser, et serrer les dents. A Villards-dessus, je suis pointé 14e en 13h16'.
 
Je l'ai déjà dit, mais je le redis. Je sais que beaucoup de coureurs pensent comme moi. Cette portion entre Villard-Dessus et Menthon n'a aucun intérêt. Et franchement, on passe là pour accumuler les km et rien d'autres. Mais bon, il faut rejoindre Menthon-Saint Bernard, alors pas le choix !
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

A Menthon, je suis pointé en 15e position, en 14h02'. Mon père m'accompagne quelques mètres avant le point de ravitaillement. Je lui fais part de mon inquiétude. J'ai mal. Où ça? Partout ! Je sens que quelque chose ne tourne plus rond.
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Je me rafraîchis auprès de la fontaine et m'assois quelques instants entourés de mon assistance au complet. Les paroles d’encouragements fusent de toute part. 15e ! Tu te rends compte ? Porté par les miens, je me relève, fais quelques mètres, puis ..... trou noir ! 
Ils me diront, par la suite, que je me suis soudainement arrêté, porté par mes bâtons, puis me suis allongé sur un trottoir à l'ombre juste derrière une voiture en stationnement et me suis aussitôt endormi. Une première! Jamais, en course cela m’était arrivé. La fatigue était telle à ce moment là que mon corps a dit: "STOP!" 
Sous le contrôle de mes proches, je me réveille au bout de 15 minutes. J'ai vécu ce que je lis dans les nombreux récits d'ULTRA. Le sommeil est parfois inévitable, cette fois-ci, pour moi, ce fut le cas ! C'est une sensation incroyable. Le système nerveux se met en croix, et il faut se régénérer. Pas d'autres solutions ! 
Je repars de Menthon avec l'intention d'en terminer. Je suis accompagné par mon assistance sur quelques mètres, et je prends la direction du col des contrebandiers. Je sais que j'ai du perdre quelques places au classement général, mais peu importe, la santé prime avant tout ! D’ailleurs, je me sens mieux. Musculairement c'est encore un peu compliqué mais je me sens plus frais. Et ça, il me semble que c'est le plus important. Car avant Menthon, je ne prenais plus trop de plaisir... ceux qui ont déjà connu cette situation me comprenne certainement. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

La grimpée vers le col des contrebandiers s’effectue sur un rythme régulier. Les pentes sont raides par endroit mais on évolue à l'ombre alors ça fait du bien. 
Tout ça m’emmène au sommet du Mont Baron, l'ultime sommet de cet ULTRA de dingue. Je connais l'endroit par cœur. Cet hiver, nous sommes passés ici des dizaines de fois! Il me reste donc un peu de crête et la descente sur le petit port d'Annecy-le-Vieux en passant par le creux du loup. Je suis pointé 21e. 
Plus je descends, et plus je vois le lac se rapprocher, et plus j'entends le speaker sur la ligne. Le passage au petit port est mythique; Il reste 1 km de plat goudronné pour rejoindre le tapis rouge. Je reçois beaucoup d'encouragements et d'applaudissements. Il y a une vraie ferveur autour de cet événement, et un bon soutien de la part des autres. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Je franchis la ligne en 21e position, en 17h27'
 
La fierté du devoir accompli. La fierté d'avoir réussi à trouver les ressources mentales nécessaires pour aller au bout. Les accolades avec mes proches sont chaleureuses. Je les remercie infiniment pour leur soutien inconditionnel. Ils ont été au TOP du début à la fin, quelle équipe! OUI quelle équipe! Car dans ma conception, l'ULTRA n'est pas une sport individuel mais bien un sport d'équipe ! 
MERCI à mon papa, Carole, Xavier, Benjamin, Florence !!!!!
 
J'ai encore (!) beaucoup appris sur cette épreuve. Franchement, j'ai eu l’impression de plus subir sur cette course que sur le dernier GRR. Et pourtant ! 
L'ULTRA RACE est une course de costaud. Les chiffres parlent d'eux mêmes: 110 km / 7000 D+ / 50% d'abandon. 
Au départ, vu le plateau exceptionnel je visais un TOP 30, je termine à la 21e place. Contrat rempli. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Partager cet article

Repost0

commentaires

Shana 18/05/2018 17:46

Beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte. un blog très intéressant. J'aime beaucoup. je reviendrai. N'hésitez pas à visiter mon blog (lien sur pseudo). Au plaisir

dubois 09/06/2017 08:32

tes écrits sont toujours aussi émouvants , un véritable plaisir de te lire.
bravo pour ton courage bisous Cathy

Sébastien 08/06/2017 21:55

Bravo

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -