Partager l'article ! La Vaujany - 173 km - 3990 m+: Le temps d’un week end, la magie du cyclisme s’opère et prend tous son sens sur la cyclosportive « La ...
Le temps d’un week end, la magie du cyclisme s’opère et prend tous son sens sur la cyclosportive « La Vaujany ».
Au plein cœur du massif de l’Oisans, au milieu de paysages grandioses, quand tous se réunis dans un seul but : prendre du plaisir, admirer les montagnes à l’état brut !
Authentiques, géantes, majestueuses, merveilleuses, envoutantes, enneigées … il suffisait de les regarder pour puiser sa force !
La Vaujany, princesse des épreuves cyclistes, est un superbe parcours pour découvrir tout le Valbonnais et tout l’Oisans !
Contourne le massif du taillefer par l’Alpe du Grand Serre, longe les écrins en passant par le col d’Ornon (1185m), revient par Rochetaillé, monte par Villard Reculas et l’Alpe d’Huez pour une ascension du majestueux col de Sarenne (2000m) et une grimpée finale à Vaujany (1235m).
Le décor est planté.
Samedi, je m’en vais rejoindre Pascal, à Voreppe en Isère, pour des retrouvailles. Un bon déjeuner, où j’ai la joie de faire la connaissance de Jean Michel. Tous passionnés de vélo et d’alpinisme, les conversations sont toutes trouvées.
D’ailleurs, de belles échéances sont venues compléter mon calendrier pour cette saison 2010. Mais ça j’en reparlerai plus tard…
A force de discuter, le temps passe (trop) vite, et nous partons direction Vaujany en Oisans.
Sur place, retrait des dossards, prise de la température, reconnaissance de la dernière ascension, et je me dis que cela ne va pas être de la tarte…
Nous redescendons de ce merveilleux petit village perché, accroché à ses montagnes, pour rejoindre et investir, non loin du départ de demain matin, un endroit bien sympathique afin d’installer notre « camp de base » sauvage.
Non loin de là, un petit ruisseau et la tranquillité des montagnes semblent apaiser les esprits.
Un dîner presque parfait, puis il est grand temps pour moi d’aller m’allonger dans ma tente face au magnifique couché de soleil sur les montagnes encore enneigées, tandis que Pascal et Jean Michel ont le courage d’aller reconnaître à vélo la dernière grimpée, très raide, sur Vaujany.
Dimanche matin, 5h00’, le réveil sonne. La nuit a été très bonne. Il faut croire que l’air frais des montagnes me réussit plutôt bien.
Au petit déjeuner, le rituel gâteau sport « ondine corpored Nutriworld » avec mon café, … et les dernières prépas.
Je me rends au départ un peu à la dernière minute, car j’ai la chance d’avoir un dossard privilégié. Je partirais donc dans les 300 premiers du peloton composé d’environ 1000 coureurs.
A 7h15’, le départ est donné depuis le Verney tout proche du barrage. Et c’est parti pour une très grande journée de sport.
Le peloton s’élance d’emblée à très vive allure. Ca va vite. Je sens la nervosité des coureurs, et je décide immédiatement de bien me placer dans les 15 / 20 premières places. Ca frotte beaucoup! Il ne faut pas hésiter à se faire sa propre place en jouant des coudes à 45/50 km/h. Ca me rappelle de sacrés souvenirs. Nous sommes dans la vallée, faux plat descendant, passons Allemond, Livet et gavet, jusqu’à Séchilienne.
Ici, les 20 premiers kilomètres sont « avalés » en un temps presque record. Je n’ai pas vu le temps passé tellement le peloton a roulé fort.
A Séchilienne, nous tournons à gauche, et les choses (très) sérieuses vont pouvoir commencer. Nous prenons la direction de Saint Barthélémy de Séchilienne, puis Morte, afin d’accéder au col de l’Alpe du Grand Serre.
Ce col est une inconnue pour moi. Mais heureusement que l’on m’avait prévenu. Car il y a vraiment de quoi prendre de bonnes sueurs. En 10 km d’ascension, on prend 1000 m+.
Au pied du col, je laisse partir la tête de course, et ne tente même pas d’accrocher les cadors. Je sais que la journée s’annonce des plus longues, et que la politique du « chacun son rythme » paye toujours.
Les premiers lacets du col sont terribles. Avoisinant les 8% à 10% sans cesse. Je ne m’affole pas, et gère au mieux cette ascension. Ca éclate, il y a des coureurs de partout, c’est un véritable « chantier ». Plus on monte, et plus on surplombe la vallée. C’est magnifique !
J’arrive au sommet de l’Alpe du Grand Serre, et prends soin de mettre pied à terre afin de remplir mon deuxième bidon auprès de l’assistance ravitaillement. Stratégiquement, j’avais prévu de grimper ce premier col le plus léger possible, et bien m’en a pris.
Pendant ce temps, un groupe d’une dizaine d’unité bascule dans la descente, … il ne faut pas que je traine, je dois tout de suite revenir dans les roues.
Je fais le forcing dans les premiers lacets, et rattrape sans trop de difficultés ce petit groupe dans lequel j’ai plaisir à retrouver Pascal, plus un coureur du team Chamrousse (avec qui je courais il y a quelques années), et la première féminine.
Nous plongeons dans la vallée du Valbonnais par Lavaldens, la Valette, Dris en Rattier. Alors que nous sommes à ce moment là, à environ 25 km du prochain col, nous attaquons un faux plat montant qui en fait ne s’arrêtera jamais jusqu’au sommet du col d’Ornon.
Le terrain est accidenté. Pas de répits. Toujours en prise avec un vent défavorable. L’allure est tellement bonne que nous rattrapons un gros groupe d’une vingtaine d’éléments.
Je prends soin de bien me ravitailler, et de bien m’hydrater. A 5 km du sommet, le groupe éclate, je suis aux avant poste. Les pentes se durcissent. Pascal essaie un coup de bluff en prenant une centaine de mètres, mais le groupe reste au contact. A 1 km du sommet, je me retrouve en tête de groupe, j’appuie pour voir comment ça réagit derrière, et je bascule avec 4 autres coureurs vers Rochetaillé. Au sommet du col d’Ornon, je ne m’arrête pas au ravitaillement. Je file. Sans vraiment le savoir, pour ma part, la course prend un tournant.
La descente se fait « tambour battant ». A la limite parfois, mais c’est le jeu. Nous passons les villages d’Ornon, et d’Oulles. Puis bravons le vent, en effectuant de bons relais, dans la vallée.
A Rochetaillé, nous arrivons à la bifurcation des deux parcours (109 / 173). Et là, je me retrouve avec un seul coureur. C’est à cet instant là que je réalise que devant moi, ils ne sont peut être pas aussi nombreux à faire la galère de 173 km.
J’attaque la montée vers Villard Reculas. Un panneau de l’organisation nous annonce 14.5 km d’ascension. Les pentes sont raides, parfois même très raides. Je monte à mon rythme sans me soucier de ce qu’il y a devant, ou de ce qui peut revenir derrière moi. Les paysages dans cette montée sont uniques ! D’une beauté inégalable ! C’est la haute montagne. L’accroche est énorme. Les lacets par ce versant nord sont dignes des plus beaux cols de France et d’Europe.
A Villard Reculas, pas de répits, aucune descente, un panneau nous indique Alpe d’Huez à 5 km. Là, je mets pied à terre au ravito pour remplir les bidons d’eau, car il commence à faire très chaud sous le casque.
Et qui est-ce qui revient sur moi juste quand je repars, je vous le donne en mille : la première féminine ! Là, je me dis qu’il y a une cliente sérieuse ! Au coup de pédale, dans la première vallée, il me semblait bien qu’elle était à l’aise. Mais dans cette ascension elle montre toutes ses qualités, à en faire pâlir plus d’un…
Nous nous engageons sur une route étroite touristique. A flanc de falaise. Ici, aucune voiture ne passe. A notre droite, du « gaz », beaucoup de fond. L’endroit est unique et sauvage. On domine toute la chaine et le parc des écrins, c’est un bonheur fou… !
Au village d’Huez nous regagnons la route mythique des 21 lacets, et c’est toujours avec elle que je gravis le final vers l’Alpe d’huez.
Un ou deux mots d’encouragements, en anglais car elle est hollandaise. L’ambiance est bonne. Le soleil « tape » fort ! Les montagnes et ma coéquipière du moment sont ravissantes, ce n’est que du bonheur, que demander de mieux ?!
Il aura fallu serrer les dents plus d’une fois dans certains lacets, mais c’est ensemble que nous arrivons à l’Alpe d’Huez.
L’ascension m’a rappelé beaucoup de souvenirs, car j’y étais venu en vacances en été 2000. Hé oui, déjà 10 ans, que le temps passe vite. Mais c’est toujours aussi agréable de remonter là haut. La station est superbe.
Néanmoins, ce n’est pas terminé. Car là haut, un panneau nous indique col du Sarenne, arrivée/sommet à 5 km.
Mais ça n’en finit plus !!! Au total, 25 km d’ascension depuis la bifurcation des parcours pour arriver là haut.
La route du col de Sarenne est « dégeulasse ». Plein de cailloux, de graviers, de sables, de trous énormes … des rigoles en pierre… je me demande parfois, avec le peu de lucidité qu’il me reste, si nous ne sommes pas en train de faire du cyclo cross.
Sans vraiment le vouloir, je distance ma coéquipière hollandaise. Ce col est terrible ! Encastré dans les montagnes, au dessus de 2000m, comme seuls écho les marmottes et autres choucas. Les lacets au dessus et en dessous de moi me permettent de voir qu’il y a des coureurs de partout, esseulés, parfois en dérive debout sur les pédales à ne plus avancer…
Heureusement, il y a une fin, et c’est avec joie que j’arrive à bout de ce somptueux col. Là haut, je remplis les bidons et avec énormément de prudence bascule dans une descente très/trop dangereuse.
Comme pour la montée, beaucoup de trous, de graviers, de sables, … et ce n’est qu’au bout de 6 kilomètres que je retrouve, seul, une route en bonne état.
Hé oui, j’ai bien dis seul. Et stratégiquement, ce n’est pas le meilleur endroit pour s’y retrouver. Car à ce moment là, il me reste environ 30 km de vallée à faire, vent de face, et je sais d’ores et déjà que je vais y laisser beaucoup de « plumes ».
Mais ce n’est pas grave, j’appuie fort sur les pédales. Je retrouve la route du barrage de Chambon, par Clavans et Mizöen.
Peu avant Bourg d’Oisans, un groupe me rattrape par bonheur. A plusieurs, en toute logique, ils roulaient plus vite que moi. Dans ce groupe, je retrouve une dizaine de coureurs dont la première féminine, toujours aussi impressionnante, et qui ne se laisse pas prier pour passer ses relais. Elle fait son « job », et elle le fait bien !
A Bourg d’Oisans direction Rochetaillé, puis de nouveau Allemond pour une grimpée finale vers la très redoutée ascension de Vaujany…
Le décor est planté. 170 km dans les jambes. 5 km de pentes très fortes à 10% de moyenne pour boucler la boucle.
Le groupe dans lequel je suis, explose ! Les premières crampes de mon côté se font ressentir. Je monte comme je peux. J’ai l’impression qu’il y a un mur sous mes roues. Je marque un temps soit peu le coup au milieu de la grimpée. Il me reste 2 km, Je sers les dents. La première féminine s’envole, et nous laisse tous sur place, chapeau bas ! J'apprendrais plus tard qu'elle a plusieurs fois effectué le tour de france féminin.
La flamme rouge se laisse apercevoir. Ainsi que le jolie clocher de Vaujany, … c’est bon je tiens cette Vaujany, princesse des Alpes !
Je franchis la ligne d’arrivée en 6h40’, bouclant les 174 km et 3990 D+ en presque 26 km/h de moyenne. Je me classe 59e sur 750 coureurs, mais seulement 319 classés.
Le temps de reprendre mes idées. Je m’installe à une table pour effectuer une bonne petite collation. Il faut vite recharger les batteries avant qu’il ne soit trop tard.
Diplôme en poche, et heureux gagnant de la tombola, c’est avec de beaux lots (tee shirt + 2 places pour les 6 jours de Grenoble) que je redescends ensuite vers la voiture toujours stationnée au Verney.
La magie du vélo s’est une nouvelle fois opérée. Les montagnes de l’Oisans sont éternellement magiques !