En tout début d'année, au moment de dessiner ma saison 2021, je voulais innover. Habituellement, je mets entre 8 et 12 semaines entre 2 objectifs, c'est-à-dire entre 2 ULTRAS. Après 15 ans de pratique, dont les 7 dernières à ne faire (presque) plus que des ULTRAS, je voulais voir comment mon corps allait réagir, comment il allait se comporter en ne mettant que 6 semaines d'intervalles entre deux gros événements. Je voulais bousculer mes habitudes, et surtout sortir de ma zone de confort. J'en avais besoin. Vous allez me dire que 2 semaines de différence n'est pas grand chose, mais en fait, entre 2 ULTRAS, c'est énorme !
C'était un pari osé, un pari risqué, mais j'en étais déjà persuadé au moment de le décider, cette expérience serait pleine d'enseignements ...
Quoi qu'il en soit, je n'avais aucune pression. Si après l'objectif de fin Août (Echappée Belle) tous les voyants n'étaient pas aux vert, hors de question de prendre un seul risque, je connais bien trop la valeur de la santé, je ne participerai pas à la course.
Oui mais voilà, après l'Echappée Belle, mon corps m'a une énième fois surpris, il avait suffisamment récupéré pour décider de prendre le départ des 100 MILES SUD DE LA FRANCE.
Dès lors, tout s'est parfaitement organisé pour que je puisse participer dans les meilleures conditions à cette course, qui n'était à la base qu'une option, et qui sans que je le sache, serait une pure révélation au moment de la courir.
Les 100 miles Sud de la France est un ULTRA de 173 km avec 8700 D+ & 10 000 D-. Le tracé est de toute beauté dans les Pyrénées catalanes, nous partons de Pyrénées 2000 - Font Romeu et rallions la plage sud d' Argelès sur mer à proximité de Collioure.
Vendredi 01/10/2021 - 10h
TERMANAL DES LOISIRS - Pyrénées 2000 - Départ km 0 -
Quand je me retrouve sur la ligne de départ, je suis serein & relâché. Avec mes participations au 90 Km du Mont Blanc fin juin et à l'Echappée Belle fin août, ma sasion est, quoi qu'il en soit, déjà réussie. Alors je me suis convaincu d'aborder ce 100 Miles d'une manière différente des autres courses. Ceci n'est qu'un jeu. Alors joue ! Je voulais peser sur la course dès le départ.
A 10h pétante, les 180 coureurs sont lâchés sous un ciel bleu et un soleil resplendissant. Ce qui est un gros contraste avec l'année passée, parce que jour pour jour, il tombait, ici même et dans le Jura pour l'UTMJ, des trombes d'eau. Encore merci la tempête Alex !
Comme d'habitude, ça part plutôt vite. Cette fois-ci, contrairement à ma stratégie habituelle de réaliser une course d'attente, j'accroche les wagons. Je me retrouve donc rapidement en 7e position. Les premiers km sont très agréables à courir. Il s'agit d'un profil à plat et parfois descendant. On alterne les passages en sous-bois et les clairières.
R1 - Village de SAUTO - 10h53' - 7e - km 10.7
Premier point de ravitaillement sur les hauteurs d'un charmant village. Je rejoins mon assistance. Certes cela fait moins d'1 heure d'effort depuis le départ, mais contrairement à beaucoup de coureurs, je prends le temps de me poser pour manger. Ça ne dure pas longtemps, je ne traîne pas, mais je me ravitaille. La course est longue et je suis persuadé que cette stratégie est la bonne. Sur ce point, je suis nettement en-dessous de mes temps prévisionnels. Mon assistance se demande un peu ce qu'il se passe. Moi, je suis toujours serein et ne pense pas gaspiller mes cartouches.
Je repars du R1 les flasques et les poches pleines. Je trottine dans les parties montantes sur les hauteurs du village. Je me sens vraiment bien. La vue sur les Pyrénées est superbe. Nous surplombons toute la chaîne catalane.
R2 - Village de Llar - 12h (midi) - 6e - km 20
La descente sur ce R2 est de toute beauté. C'est un single étroit au surplomb de la montagne. Je me rends très vite compte que le terrain est affreusement aride. La végétation est quant à elle totalement différente de chez nous. Et qu'il y a infiniment plus de cailloux que dans les Alpes. Bref, c'est le SUD !
Mes sensations n'ont pas changé. Je suis toujours très concentré sur mon sujet. Je respecte mes allures (plus élevées que d'habitude) et ma stratégie. J'imagine que la tête de course est à environ 10' devant moi. Donc je n'ai aucune raison de m'affoler.
Pour la première fois depuis le départ, je ressens la chaleur. Nous sommes légèrement encastré dans la roche, et à l'heure où le soleil est le plus haut dans le ciel, on ressent soudainement la différence. Je fais tomber les manchettes sur les poignets.
A ce R2, cette fois-ci je ne m'arrête pas, contrairement aux autres coureurs (LOL) qui sont à vides depuis un moment. Je déroule, je me retrouve seul. J'ai presque envie de dire, "ah enfin" !
R3 - Village d'Olette - 12h44' - 6e - km 28.2
Je retrouve mon assistance. Tout est prêt. Ils sont aux petits oignons pour moi, c'est hyper touchant ! Ça me met parfois (presque) mal à l'aise tellement mes assistants (sur toutes les courses confondues) font preuve de bienveillance à mon égard. Mais on laisse les émotions pour plus tard. Les mots d'encouragements de mes proches sont chargés de passion. Je (nous) suis (sommes) clairement dans la partie. Et je comprends très vite que ma stratégie de partir vite pour ne pas trop perdre de temps sur la tête de course est en totale adéquation avec mes sensations du jour. On ne dirait pas que j'ai fait une "belle échappée" il y a (seulement) 6 semaines. J'ai le feu !
Comme d'habitude, je reste juste le temps nécessaire, ni plus ni moins, et je repars vite de ce R3.
C'est un mur de 550 D+ qui se présente devant moi. On va dire que c'est la première bosse sérieuse depuis le départ, qui jusqu'à maintenant, avait un profil plutôt vallonné. Je dégaine les bâtons, et je pousse fort sur les bras. Je ne relâche pas l'effort jusqu'à entrevoir le sommet.
A la bascule, je double assez rapidement le 5e au scratch. Bizarrement, il n'a pas l'air au mieux. Je l'encourage et il me répond en espagnol. Avec mon espagnol 2e langue (au collège), je comprends à demi-mots ce qu'il me dit, mais n'amorce pas la conversation.
Un peu plus loin dans la descente, je vois arriver, face à moi, un concurrent qui me dit : "ce n'est pas le bon chemin car cela fait 1 km que je descends et il n'y a plus de rubalise". Pfiou !!! Moi je suis persuadé d'être sur la bonne trace car je viens de voir un fanion quelques secondes auparavant. Étant à 99.9% sur de moi, je lui dit: "suis moi, on maintient ce cap, le village d'Escaro doit être juste en dessous". Pourquoi je lui dis ça ? car j'ai bossé le parcours en amont et que je connais mes temps de passages. Une course, et encore plus un ULTRA, ça se prépare. D'après mon chrono sur ma montre, on devait être très proche du village d'Escaro, et c'est grâce à ça que je n'ai pas perdu mon sang froid. Quelques hectomètres plus loin, un 4x4 de l'organisation monte le sentier carrossable à contre sens et nous demande où est-ce que le problème se situe. En quelques mots on leur indique. On relance, et j'ai à peine le temps de faire connaissance avec ce sympathique coureur que nous arrivons dans le village d'Escaro au point R4. Ce coureur en question, est réunionnais de naissance, hyper sympa et futur vainqueur de cette édition. Rien que ça !!!
R4 - Village Escaro - 13h58' - 3e - km 36
Ce point n'est qu'un ravitaillement liquide. Je ne m'arrête pas du tout. En même temps qu'elle m'encourage, ma maman me tend une flasque. Tout en courant, je la saisis et lui en donne une vide. Je prends quelques infos auprès de Xavier, et hop, je suis déjà plus loin. Dans cette opération qui ressemble plus à un changement de pneus de Formule 1 qu'à du trail, je conforte mon avance sur les coureurs que je viens de doubler dans la descente sur Escaro.
La jonction avec le village de Py est loin d'être évidente. C'est encore un gros mur de 600 D+ à monter. Celui là il est très raide ! J'adapte ma foulée, je pousse fort avec les bâtons, et au fur et à mesure que j'avance, je suis curieux de savoir si je vais me faire rattraper, ou pas ?
Et bien ça n'a pas manqué, je vois revenir mon réunionnais : Stéphane BEGUE.
Voilà précisément ce qu'il se passe à ce moment de la course, car c'est un fait marquant. Ayant une cadence élevée depuis le départ, je me suis dit qu'il fallait commencer à ralentir quand je sentirais que la course commencerait à "se poser". C'est-à-dire quand je penserais que chacun serait à sa place. Après 5h de course, j'ai jugé que j'étais au bon endroit et que c'était le bon moment pour lever le pied. Bien que je vois Stéphane revenir sur moi, et avec du recul au moment d'écrire ces lignes, je reste persuadé que j'ai eu raison de ne pas "jouer" plus au risque de compromettre mes chances de survivre dans cette course.
C'est donc en toute logique que je vois Stéphane (futur vainqueur de la course, mais à ce moment là je ne le sais pas évidemment) me dépasser. On échange quelques mots, et il prend progressivement le large sur une section que l'organisation a jugé bon de qualifier de dangereuse. En effet, le faux pas n'est pas très conseillé. Nous longeons une falaise sur plusieurs centaines de mètres, et tomber ici serait malvenu. Le décor n'en reste pas moins époustouflant. Le terrain est particulièrement technique, et la descente sur Py n'est pas vraiment un cadeau. Disons qu'elle a des airs de l'échappée belle :-)
R5 - Village de PY - 15h32' - 4e - km 47
Je retrouve mon assistance dans ce magnifique petit village. Pfiou qu'est ce que j'ai soif ! Et pourtant, je n'ai manqué de rien sur la section précédente, mais je ressens beaucoup la chaleur. Honnêtement, la partie que nous venons de faire est de toute beauté. Du vrai TRAIL, authentique, rugueux, rustre comme j'aime !
C'est toujours le même réconfort de retrouver mes proches. Je sens bien qu'ils vivent aussi intensément que moi ce moment. Leurs mots et leurs intentions sont ULTRA positifs, et c'est ce qu'il me faut. L'équipe toute entière est mobilisée pour et vers un seul objectif.
Je repars d'ici le ventre plein pour une belle section. Je monte au col de JOU par un sentier qui présente tout juste la bonne pente pour courir efficacement dessus. Pas grand chose d'autre à dire de ce moment là, hormis que je profite pleinement de l'instant présent et des décors qui me sont offerts d'apercevoir.
R7 - BASE DE VIE de Vernet Les Bains - 17h00' - 4e - km 57.6
Quand je rentre dans le village de Vernet Les bains, le contraste de courir seul depuis déjà plusieurs heures et celui de retrouver une foule assez colossale est saisissant. En effet, tous les coureurs du format 120 km sont progressivement en train de se mettre en place pour prendre leur départ. Le bon côté des choses est que je suis fortement encouragé au moment de rentrer dans cette première base de vie, car en connaisseurs, ils savent que ce n'est pas donné à tout le monde de passer ici avant le départ de leur course. Je suis honnêtement très reconnaissant de toutes ces délicates attentions à mon égard ...
Mais c'est bien sûr toujours très concentré sur mon sujet que je rentre dans cette base de vie pour retrouver, une fois de plus, mon trio de choc. Ce moment est particulièrement crucial car je ne reverrai mon assistance que dans 5h environ suivant mon allure. Donc il ne faut pas se planter sur cette imminente transition jour / nuit, autant au niveau des vêtements (nuit étoilée annoncée, donc fraîche), du matériel, qu'au niveau de mon alimentation. Tout est réglé comme du papier à musique. L'équipe est rodé. Chacun sait ce qu'il a à faire. Nous respectons à la lettre la stratégie, à savoir, je mange et je bois ce qui est prévu, je prends ce que j'ai à prendre, et .... je m'en vais !!! On verra plus tard pour acheter un bout de terrain ici ...
Je ne cache pas que je me dirige vers cette section avec une légère appréhension. A cette période de l'année, les nuits sont relativement longues (en tout cas plus longues qu'en été), et sachant que je n'ai pas très bien vécu la (fin de) nuit de l'échappée belle, je ne sais pas si Morphée va vouloir de nouveau me remanger !? Bref, c'est incontestablement dans un coin de ma tête au moment de repartir de ce gymnase.
Je traverse les ruelles de Vernet les Bains et je passe devant le départ des coureurs du 120 km. Je suis applaudi.
Direction le Refuge des Cortalets sous le célèbre Pic du Canigou. Là, c'est du très sérieux. Je prends 1500 D+ en 9 km. Autant dire que ça monte tout le long (ou presque). Plus j'avance, et plus je m'enfonce dans la montagne. On devine au fin fond de la combe le point culminant que nous allons rejoindre. Pour la première fois, depuis le départ de la course, j'ai l'impression de (re)trouver la montagne que je connais (par chez nous). C'est-à-dire un peu plus sauvage & haute en altitude, avec des courbes que j'affectionne particulièrement. Avec le soleil en train de se coucher, il y a progressivement une ambiance particulière qui immerge le sentier. C'est à la fois hyper paisible, et een même temps, je sais que je vais rentrer dans une phase cruciale de la course. Je monte à ma main. Je sais que je n'ai aucun intérêt à trop laisser de plumes par ici. Donc mon allure est bonne mais je ne casse pas non plus la baraque. Et puis, il faut bien l'avouer, un prémice de fatigue commence à pointer le bout de son nez, ce qui est absolument normal. Surtout que cette ascension ne peut laisser aucun coureur indifférent tellement elle est longue et difficile. L'heure avance, et voici le premier concurrent du 120 km qui me dépasse. Puis le second. Etc ... ils ont tous un mot sympathique pour moi avec de vives encouragements et aucun ne manque de me dire que ce que je suis en train de réaliser est topissime ! J'entends de la reconnaissance dans le son de leur voix, et cela me touche. Le plus dingue dans tout ça, c'est que moi, je ne me rends pas compte de la course que je suis en train d'effectuer.
R8 - Refuge des Cortalets - 19h25' - 4e - km 67
J'arrive avec une légère avance sur mes prévisions. La première chose que je fais en arrivant au refuge, c'est m'emmitoufler dans mon coupe-vent, et sans cogiter une seconde j'enfile mes gants. Là-haut, il y a un courant d'air très froid qui transperce les organismes, et je ne veux prendre aucun risque. Bravo aux bénévoles qui subissent ça !
Je fais le plein de boisson, je mange un peu, je fixe ma frontale sur la tête que je ne devrais plus tarder à allumer, et repars d'ici en ayant un seul objectif en tête, ne pas prendre froid !
La section qui suit est relativement technique. Et les 2150 m d'altitude se font bien ressentir. Je le sentais, en montant ici nous avons changé d'ambiance.
Comme prévu, j'allume rapidement ma frontale. Le terrain ne permet pas de trop jouer. Il suffirait de pas grand chose pour tomber sur un mauvais cailloux. Je respecte mes allures, mais les concurrents du 120 km que j'ai doublé lors de mon ravitaillement au refuge, me repasse de nouveau. En pratiquant l'ultra, j'apprécie évidemment les moments de solitude. Mais le point positif est que tous ces coureurs me tirent visuellement, et c'est une aide non négligeable.
J'enchaine les longues sections à courir sous bois. Nous avons changé de versant, reperdu un peu d'altitude, et soudainement la température se fait meilleure.
Et BAM !!!!!!!
Sans rien voir venir, je chute très lourdement au sol. Parfois, on se voit tomber. Mais là, je n'ai absolument rien vu venir. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Me suis-je entravé ? Ai-je glissé ? Je n'en sais rien ... Toujours est-il que je me suis écrasé violemment par terre, et j'ai mal un peu partout. En me relevant, je ressens des douleurs au genou gauche, au poignet, aux côtes, à la tête. Honnêtement, sur le coup, j'ai cru que j'avais tout cassé. Mais l'adrénaline et certainement l'enjeu de la course m'ont aidé à redémarrer aussitôt, comme si rien ne s'était passé. Je me remets à courir dans la nuit normalement. Le corps est décidément capable de choses assez surprenantes.
R9 - refuge de l'Estanyol - 21h05' - 5e - km 77.5
Je ne sais pas comment, mais sur la section d'avant, donc sans m'en apercevoir, j'ai du me faire doubler par un concurrent du 100 Miles. Au refuge de l'Estanyol, je suis pointé 5e.
Ce refuge est perdu au milieu de nulle part. Nous sommes loin de tout accès. Il y a une bonne ambiance avec les bénévoles.
Je ressens bizarrement des premiers effets d'écoeurement. Je suis inquiet car c'est beaucoup trop tôt pour se dispenser de manger... Je n'en ai pas conscience tout de suite, mais je pense que ma chute m'a énormément contrarié, et brassé. Au niveau digestif, cette chute correspond aux premiers dérèglements. Il n'est pas rare de connaître des effets de "cascades" physiologiques suite à un événement de ce genre. Et sur un ULTRA, tout est amplifié !
Quand je me retrouve devant les tables de ravitaillements, je me force à suivre le plan à la lettre. Je recharge mes flasques, je grignote un peu, et me retient de dévorer les morceaux de saucisses fraîchement grillées au barbecue par les bénévoles et à disposition des coureurs.
Je ne traîne pas et je repars pour retrouver (enfin) mon assistance au refuge de Batère.
La parcours nous refait changer de versant, et c'est de nouveau un vent glacial qui me saisit au moment de descendre sur Batère. Il y a une brume plus ou moins épaisse par endroit, et c'est parfois difficile de trouver les balises. Mais les lumières des frontales en contrebas me permettent de garder le cap.
Samedi 02/10/2021 - minuit -
R10 - Refuge de Batère - 5e - km 82
Quelques centaines de mètres au-dessus du refuge, je retrouve mon papa, frontale vissée sur la tête. Le revoir ici me fait beaucoup de bien. Tout en courant pour rejoindre le refuge, on échange quelques mots. Il me dit que ma course est franchement bonne. Il me donne également son avis sur le déroulement de la suite, en pensant que la course ne se gagnera pas dans la nuit mais seulement au petit matin. Je lis entre les lignes : "Continue de gérer comme ça, quelque chose de chouette te tend les bras !". ici, nous sommes 5 coureurs en seulement 25 minutes, autant dire une grosse densité. Cela fait un moment que nous courons tous les 5 au même rythme. Personne ne perd ni ne gagne du terrain. Ca va donc se jouer au mental. Et quelque part, mon père a raison, sachant que le lever du jour est redoutable et redouté par tous les coureurs d'ULTRA. En effet, c'est une période où le sommeil s'installe et nous rentrons dans une autre dimension. Mais nous n'en sommes pas encore là.
Au refuge, je retrouve ma maman et Xavier. Grosse ambiance ici avec des guirlandes de couleurs, de la musique, wouah ... ça me change du silence de la montagne.
Je me pose à table, et je ressens le besoin de prendre un peu plus mon temps. Je ne traîne pas pour autant, mais je prends le temps de manger, de mastiquer, de boire. J'essaie de m'imprégner des encouragements de mes proches. Et dire que nous ne sommes même pas à la mi-course !
Franchement, cette assistance m'a fait du bien. Beaucoup de bien ! J'avais besoin de ça après ces 5h en solo et aussi après cet épisode malheureux avec ma chute.
Comme mon genou (suite à ma chute), je repars d'ici regonflé à bloc. La section qui se présente n'est ni plus ni moins que 1300 D-. Soit près de 12 km de descente. Il faut gérer !
Le tracé est globalement roulant et je trouve que je déroule encore particulièrement bien. Ça court efficacement ! C'est donc avec des jambes de feu que je vais régler ça en 1h40'.
R11 - 2e BASE DE VIE - Arles sur Tech - 01h42' - 5e - km 94
Ce qui devait arriver, arriva. Je rentre dans la base de vie, je rejoins mon trio de choc. Je m'assois sur une chaise, mais là, écœuré plus rien ne me fait envie. Je ne sais même pas si j'ai encore faim. Ce phénomène, je le connais bien. Il est lié à la fatigue et à une saturation cellulaire. Je sais aussi d'expérience, que si je ne mange rien du tout, la course est finie. Ca parait évident, une voiture sans carburant n'avance plus. D'un point de vue extérieur, ça peut paraître fou, mais il faut vivre et ressentir cette sensation une fois dans sa vie pour vraiment comprendre. Alors j'essaie de limiter la casse et je me force tout de même à mâcher quelques aliments. C'est toujours ça de pris !
Je repars de ce R11 assez fragilisé. J'ai peur pour la suite des événements. Tout de suite à la sortie d'Arles-sur-Tech, je prends 760 D+ dans du pentu. De quoi remettre l'église au centre du village. Je galère un peu. Je pousse sur les bâtons mais ça ne répond plus comme avant. Ayé, je suis passé en mode GESTION. A partir de là, il faudra lisser l'effort du mieux possible pour espérer voir la ligne d'arrivée. Les kilomètres défilent et je subis beaucoup. Je ressens aussi le poids de la fatigue. Et je ne peux pas m'empêcher de me dire que les 6 semaines qui me séparent de l'échappée belle y sont désormais pour quelque chose. Ça parait même évident à ce stade de la course. Alors je fais avec et j'essaie, tant bien que mal, de donner le meilleur de moi-même, et cela en toute circonstances. Je trouve le temps long avant de rejoindre Montalba. Mais soudainement, au milieu de rien (encore une fois), au détour d'un virage, j'aperçois les lumières du stand. Enfin !
R12 - MONTALBA - 02h - 4e - km 105.5
C'est drôle, les bénévoles ont l'air aussi fatigués que les coureurs. Je peux comprendre. Faut dire aussi qu'à 2h du matin, en pleine nuit, ils ont sans doute mieux à faire que de remplir des flasques et de donner à manger à des coureurs. Mais c'est aussi ça qui fait la beauté de ce sport. Rien n'est commun et tout est tellement décalé avec cette société !
Evidemment, ici, je n'ai rien d'autre à faire que de faire le plein et de m'en aller. Je n'arrive pas trop à me dépêtrer de cette mauvaise passe. Les sensations ont du mal à revenir. Après autant d'années de pratique, je sais que l'ULTRA est composé de haut et de bas. Avec le temps, j'ai appris à gérer ces fameux bas, mais en toute franchise, on s'en passerait bien quand même. J'avale les 1000 D+ du mieux que je peux. Je relance dès que j'en ai l'occasion. Malgré la fatigue persistante, je ne lâche rien, absolument rien ! Je me surprends même à courir sur certaines sections.
Et puis au détour d'un virage, je tourne la tête à droite, et le faisceau de ma frontale allume un coureur en train de dormir sur un caillou. Je ne sais pas pourquoi, je me dis que c'est un concurrent du 100 Miles. A ce moment-là, la probabilité d'avoir raison est très faible mais j'essaie d'y croire. Je continue mon chemin, et voilà que j'atteins Le Puit à Glace.
R13 - PUIT À GLACE - 4h - 3e - km 113.6
Ce R13 n'est qu'un véhicule de secours (pompiers) perdu au milieu de nulle part qui distribue de l'eau aux coureurs désirant faire l'appoint. Je suis pointé et je repars dans une descente de 725 D- qui fait mal aux jambes. Il se passe à peine 2 minutes, et je reçois un message de mon assistance m'informant que je suis 3e au classement scratch. Incroyable, j'avais donc raison, le coureur qui dormait confortablement à la belle étoile était un de mes concurrents directs ... Je ne demande pas mon reste, et je continue ma progression. A cette heure-ci, je suis sur le podium ! INCROYABLE !!
Cette descente est particulièrement douloureuse car elle se fait en grande partie sur du bitume. Et je suis donc content d'en voir le bout une fois tout en bas.
R14 - Village de LAS ILLAS - 04h48' - 3e - km 120
Comme à Batère, mon papa m'attends quelques mètres avant le ravitaillement. J'ai l'impression de ne plus trop bien comprendre ni cerner tout ce qu'il se passe. Incontestablement je commence à manquer de lucidité. Il me parle, mais c'est comme si ça rentrait par une oreille et que cela ressortait de l'autre. J'ai beau me concentrer, j'ai du mal.
C'est une magnifique auberge qui nous accueille pour ce R14. Nous sommes au chaud dans une ambiance intimiste. Je m'assois sur un fauteuil confortable, contraste saisissant avec la violence du bitume que je viens de quitter. ici tout est douillet. L'appétit revient un peu. Tout en mâchant les aliments je m'imprègne des encouragements de mon assistance. Ils sont à fond derrière moi. Chacun à leur manière, ils ont des attitudes, des mots, des gestes réconfortants et bienveillants.
Xavier m'indique que la section qui suit est très longue. Oh que oui elle l'est ! 16 km en mode vallonnés. Il va falloir courir et ça, à ce stade de la course avec les genoux et les quadris qui grincent, ce n'est vraiment pas un cadeau !
Je quitte ce R14 en me convaincant que le podium va et doit passer par des moments comme ça. De toute façon pas le choix, faut y aller !
Je cours, je ne m'arrête plus de courir. Physiquement, cela fait déjà plusieurs kilomètres que je faiblis, mais mentalement je suis toujours là. Prêt à en découdre. Je ne lâche rien. J'enchaine les portions montantes, plates, et descendantes. J'ai mal aux jambes. Par moment, poser le pied par terre avec la violence du choc me balance des décharges électriques un peu partout dans le corps. J'avoue ne pas prendre beaucoup de plaisir sur cette section, mais l'ULTRA c'est ça. Faut gérer !
On domine soudainement le Perthus. J'aperçois les axes routiers avec les camions qui font la jonction France / Espagne. Punaise, même à cette heure-ci, qu'est ce que ça circule !!
La dernière fois que j'ai mis les pieds ici c'était en 2001. J'étais en stage à Perpignan avec le Vélo Club Bressan, et la semaine se terminait par un w.e de course (Élite), la tramontane (Perpignan > Blanes > Perpignan). Cela me fait drôle d'y revenir dans un tout autre contexte et pour un tout autre sport ... 20 ans plus tard !
R15 - Le PERTHUS - 07h03' - 2e - km 135.7
Mes efforts et ma persévérance sont récompensés. Je retrouve mon assistance dans cette dernière base de vie et ils m'annoncent que je suis passé 2e au classement scratch. Etant donné que je n'ai doublé personne, je comprend rapidement que l'un des concurrents devant moi a abandonné. J'espère juste que ce n'est pas grave pour lui. J'aurai évidemment préféré que ça en soit autrement, mais ces faits-là font partie intégrante de la course.
Dans cette base de vie, je ne retrouve pas la chaleur commune aux autres ravitaillements. Peut-être aussi dû au fait que mon papa n'a pas pu y rentrer. Sacré règlement ! J'ai trouvé l'espace trop grand et impersonnel. Tout ceci mêlé à la fatigue, je n'avais pas envie d'y rester longtemps. Donc fidèle à ma stratégie de départ, je fais juste ce que j'ai à faire ici, et je m'en vais. Je prends le temps d'embrasser ma maman avant de repartir. Elle a fait un boulot monstre depuis hier, ils sont tous aux petits soins, et pour eux 3 les paupières doivent commencer à se faire lourdes !
Sur le coup, je ne réagis même pas trop au fait que je suis désormais 2e. Je me dis juste que tout ceux qui me suivaient à distance depuis hier, sont allés se coucher (hier soir) en me voyant 4e et qu'ils vont se réveiller ce matin en voyant sur le LIVE que les choses ont "légèrement" évolué dans la nuit. Quand on y pense ! Les autres dorment et moi je cours dans la montagne. Pour faire cette discipline, il faut être passionné. Pas le choix !
Je m'en vais direction le col de l'ouillat pour tenter de garder ma 2e place. Même si je sais au fond de moi (vu l'état du bonhomme) que cela va être compliqué.
Je déteste ce genre de pente. C'est trop plat pour marcher, mais c'est trop pentu (à ce stade de la course) pour courir. On est sans arrêt à cheval entre les deux, impossible de vraiment trouver son allure. Pour autant, je n'ai pas l'impression de perdre trop de temps. Et les chiffres parleront d'eux-mêmes. Sur cette section, je n'aurai perdu que 3 minutes sur mon poursuivant en 1h45' d'effort.
Autre fait marquant, le jour se lève pour de bon et ça j'adore ! La vie reprend ses droits et le soleil avec ...
R16 - Col de l'Ouillat - 8h47' - 2e - km 145
J'arrive au col mal en point. Moralement ça commence à flancher. Et physiquement, n'en parlons même pas. Je n'arrive presque plus à lever les genoux. Chaque foulée (ou presque) est synonyme de souffrance. Maintenant, c'est mon corps tout entier qui me fait mal. Je sens que ces 25 derniers kilomètres vont être un calvaire. Et ça me fait peur. Le plaisir a toujours été mon moteur (particulièrement durant cette saison) et le fait de rentrer dans un combat avec moi-même m'interroge sur la suite à donner à cette course.
Mais comme d'habitude, la présence de mes proches me relance. Je suis porté par leur soutien. Je n'ai pas le droit de lâcher ici. Pas comme ça. Pas après tout ce chemin parcouru.
Le programme qui suit est simple. Une montée de 400 D+ très exposée au vent car nous évoluons sur une arête. Puis 1200 D- sur une descente hyper technique. Donc très sollicitant pour les jambes. Etant donné que j'ai déjà très mal, bizarrement, je ne me fais pas trop d'illusions quand au sort que mon poursuivant me réserve;
Et ça n'a pas manqué. Pile au milieu de la descente, je vois revenir le 3e comme une furie. Il s'agit bien du coureur qui dormait à la belle étoile avant le Puit à Glace, le Suisse Martin PERRIER. Il est revenu très (trop) vite sur moi, et m'a dépassé avec une telle aisance et facilité que je n'ai même pas ressenti de regrets. A ce moment de la course, il est plus fort que moi, c'est le sport, c'est tout, c'est comme ça. Me revoilà 3e.
La fin de cette section est longue et usante. Cette descente est très engageante et sollicitante. J'y ai laissé des plumes. Encore !
R17 - La vallée heureuse - 10h45' - 3e - km 154
J'arrive à la vallée heureuse, et je suis soulagé d'en avoir fini avec le morceau précédent. La bonne nouvelle est que je retrouve soudainement de l'appétit. Je (re)mange (presque) normalement. C'est toujours bon à prendre. Il doit rester 20 bornes à la louche. Je suis déterminé à en finir même si la souffrance physique me fait définitivement perdre le plaisir. Dès lors, je ne cours plus pour moi. Je cours désormais pour eux.
Déjà pour ses trois là qui m'ont suivi depuis le départ. Qui ont été exceptionnels tant dans leurs encouragements, la qualité de leur assistance, leur dévouement, ....
Et puis pour tous les autres qui me suivent à distance, et qui croient en moi. J'ai reçu d'innombrables messages de soutien et d'amour durant toute l'épreuve.
C'est donc pour eux, pour vous tous, que je cours cette fin de course.
Comment dire ? Les 10 km qui séparent la vallée heureuse au hameau de LA VALL ont certainement été les plus durs que j'ai vécu depuis que je fais de l'ULTRA. Jamais je n'avais ressenti autant de souffrance physique. Jamais je n'étais allé aussi loin dans l'engagement mental. Tout est devenu difficile. Chaque pierre, chaque caillou était un obstacle quasi infranchissable. Alors quand je retrouve la dernière partie bitumée (avant de rejoindre LA VALL) j'ai la ferme intention d'abandonner. Tout simplement car tout était trop de souffrance.
J'aperçois alors Xavier, puis mon papa qui étaient venus à ma rencontre. Et là, les larmes se mettent à couler sur mon visage, un sanglot explose. Je n'ai rien pu contrôler. La réserve émotionnelle était devenue tellement importante que cela ne pouvait pas se passer autrement. J'avais tout simplement perdu le "pourquoi je suis là ? pourquoi je fais ça ?" . D'expérience, je sais que c'est à double tranchant. Soit de vider le sac soulage et permet de repartir plus léger. Soit cela anéanti tout espoir, enfin les tous derniers.
Par chance pour moi, cela m'a fait du bien de lâcher prise. Et c'est plus libéré que je décide de m'élancer sur les 10 derniers kilomètres de cette course. Ne pas abdiquer !
Vous rendez-vous compte, quel sport peut écrire de tels scénarios. En ULTRA, un athlète peut maîtriser et dominer son sujet de bout en bout, mais tant que la ligne n'est pas franchie, rien n'est jamais joué. A 10 km de la ligne d'arrivée, il peut abandonner par fatigue, usure, blessure, où je ne sais quoi encore. Ca parait si cruel, et en même temps fait la beauté de cette discipline !
A ce moment-là, je l'avoue ici, il me faut trouver des ressources mentales insoupçonnées pour me persuader d'être capable d'aller au bout. Jamais de toute ma vie, j'ai eu besoin d'aller aussi loin mentalement. Quand j'ai croisé le regards de mes parents et de Xavier, je suis même allé puiser en eux des choses qu'ils n'ont même pas idée ! J'étais dans un état second. J'ai essayé de trouver de la force et de l'énergie dans tout ce qui m'entourait. Les arbres, les feuilles, l'air, ... absolument tout ! Comme si mon corps était en capacité de faire l'éponge... Oui dans un état second.
R18 - Hameau de La VALL - 12h56' (midi) - 3e - km 163
Il reste donc 10 km. L'opération est simple. Il me faut monter 400 D+ d'un seul trait. Je lance mes dernières forces dans cette ultime ascension. Je ressens la chaleur. Mon dieu qu'est ce qu'il fait chaud dans cette montée. J'avance plutôt correctement. Et là, BOUM ! Je n'avais pas vu la branche dépasser de son tronc d'arbre. Je m'assomme à moitié en la heurtant violemment. Il me faut quelques secondes pour reprendre mes esprits, et cela me vaudra un bout trou sur le crâne.
Là-haut, j'en ai fini avec toutes les ascensions de ce 100 Miles. Je le vis comme une libération. Désormais, tout ne sera que plat et descente.
Pour la première fois de la course, j'aperçois la mer méditerranée. Incroyable de ne pas l'avoir vu plus tôt. Je trouve que c'est un beau cadeau de la surplomber ainsi, et de se dire que l'arrivée ne semble désormais plus très loin.
R19 - La Chapelle Saint Laurent - 14h05' - 3e - km 167.5
Je prends aucun risque. Vu la chaleur je remplis une dernière flasque. Les dames sur ce dernier ravitaillement sont adorables. Elles ont toutes de grands sourires. Je ne traîne pas, je veux en finir. Je dévale un sentier 4x4. Je sens que je suis sur le point de clôturer cette belle histoire. Rapidement, je passe devant le magnifique château de VALMY. Puis il s'ensuit une très longue portion bitumée pour rejoindre Argelès sur mer. J'arrive à courir sur tous les bords de routes. Je me concentre et me persuade de ne pas marcher.
Dans Argelès, je croyais que l'arrivée serait tout de suite ici, mais NON. Il faut traverser tous les bords de mer. Les clients assis aux terrasses des bars se demandent bien d'où on sort avec cet accoutrement. Au point où j'en suis, cela m'importe peu.
Puis j'aperçois cette très grande ligne droite avec l'arche d'arrivée tout au fond. Malgré la fatigue, je me dis avoir eu raison de ne pas abdiquer à LA VALL à 10 km de l'arrivée. Tout ceci en valait vraiment la peine. Tout en courant et en me rapprochant de la ligne d'arrivée, je me remémore brièvement quelques passages de la course depuis hier matin (vendredi) et je me dis que la route a été longue. Relier la montagne à la mer d'une seule traite. C'est fait !
A ma plus grande surprise, mes parents m'attendent à quelques mètres de l'arche et nous finissons naturellement en courant, main dans la main, ces derniers mètres de course. Symboliquement ce fut hyper fort ! Et JAMAIS, de toute ma vie, je n'oublierai ce moment MAGIQUE en leur compagnie.
C'est donc avec eux que je boucle ces 173 km / 8700 D+ / 10 000 D- en 28h48' - 1er M1 - 3e au scratch.
WOUAH premier VRAI PODIUM ! 💥
3e au scratch ..... je suis super content. Une joie immense m'envahit aussitôt la ligne franchie. C'est à peine descriptible !
Ce résultat vient compléter et récompenser une saison sportive particulièrement aboutie. J'ai eu raison de tenter quelque chose de différent, ici, dans les Pyrénées.
Cette course vient aussi récompenser tout cet investissement. Le travail accompli au quotidien (et depuis tant d'années), c'est colossal, et beaucoup ne s'en rendent peut-être pas compte. Le podium n'est en fin de compte que la face visible de l'Iceberg. En dessous, il y a tant de choses mises en place pour préserver ma santé, trouver le juste équilibre dans ma vie, et tant d'heures passées à l'entraînement. J'aime ça. Je suis passionné. Au fil des années, l'ULTRA est devenu pour moi un mode de vie. Et j'espère que ça va durer encore longtemps ...
Je tiens à remercier très chaleureusement
> Mes parents sans qui rien n'aurait été possible. Merci pour tout. Je suis tellement reconnaissant de tout ce que vous faites pour moi. De votre soutien, et tout ce que vous continuez à me transmettre.
> Xavier pour le temps passé à mes côtés, à m'épauler, à m'orienter, à m'aiguiller, me conseiller.
> A vous tous, pour vos innombrables messages de soutien. Je suis à chaque fois surpris de l'engouement que cela suscite autour de ces ULTRAS. Vous êtes très nombreux à me suivre et j'en suis très touché !