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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 14:48
L’art de la table et de la gagne selon Scott Jurek

C'est pour moi l'un des plus grands Ultra traileur. Il nous accorde une interview sans langue de bois sur l'importance de révolutionner les croyances de nos modes alimentaires. Je n'ai pas pour habitude de mettre ce genre d'article sur mon blog, mais là, ça mérite d'être lu. Lecture...

Elevé au statut d’icône par les ultra-marathoniens américains, Scott Jurek a remporté les épreuves longues distances les plus prestigieuses tout en donnant une image relax de son sport. Végétalien depuis quinze ans, il a signé Eat & Run, bestseller qui vient d’être traduit en français (éditions Guérin). Runners.fr l’a cuisiné durant une petite vingtaine de minutes…

 

Du muesli, des kiwis et des bananes ainsi qu’un jus d’herbes ramené des Etats-Unis

Runners.fr : Qu’avez-vous mangé ce matin pour votre petit-déjeuner ?
Scott Jurek : Du muesli, des kiwis et des bananes ainsi qu’un jus d’herbes ramené des Etats-Unis.

Aimez-vous les grandes villes – comme Paris –, vous qui avez été élevé à la campagne ?
J’aime venir dans les grandes villes pour puiser des sources d’inspiration et ensuite retourner dans les montagnes — là où tout est plus calme. Donc, pour faire court, j’aime les grandes villes à petites doses !

Que pensez-vous des grandes courses sur bitume comme le Marathon de Paris ?
L’énergie qui entoure les grands marathons me fascine. Comment ne pas être ému par ces dizaines de milliers de coureurs qui ont tous des itinéraires si différents ? Cela me motive beaucoup à continuer à faire ce que je fais.

Aimez-vous la manière dont votre livre a été traduit en français : « Manger pour gagner », ce n’est pas vraiment la même chose que « Eat & Run » (manger et courir) ?
Evidemment, pour moi, le fait de gagner n’est pas le centre de tout. Ce qui compte, c’est de vivre une longue vie, une vie équilibrée, en bonne santé. La longévité, c’est ce qui m’intéresse le plus. Je ne suis pas devenu végétalien (« vegan ») pour gagner des courses mais pour mener une existence plus harmonieuse et vivre plus longtemps.

Pensez-vous vraiment que le régime alimentaire que vous suivez depuis plus de quinze ans va vous aider à vivre plus longtemps ?
Oui, définitivement. Et toutes les études scientifiques vont dans ce sens. Santé cardiovasculaire, diabète, allergies, sclérose en plaques, cancers : le régime végétalien est un formidable moyen de se protéger contre ces maladies – voire d’en inverser la propagation. Evidemment, de nombreux facteurs sont à prendre en compte et l’alimentation n’est qu’un de ces facteurs. Le sport en est un autre. Tout comme l’hygiène de vie et le niveau de stress.

 

 

Etes-vous d’accord sur un point : il est préférable de manger des produits de bonne qualité – sans forcément être végétarien ou végétalien – que de se nourrir de manière médiocre en respectant un régime comme le vôtre ?
Oui. Manger des produits de saison cultivés près de chez soi ou dans son jardin est très important. Aux Etats-Unis, de nombreuses personnes deviennent végétaliennes pour des raisons qui ont à voir avec la protection des animaux. La santé n’est pas importante pour eux. Ils veulent simplement ne pas consommer d’animaux. Et leur alimentation n’est pas équilibrée.

Consommez-vous de la caféine ?
Oui.

De l’alcool ? Oui, bien sûr. Je bois du vin. Et de la bière aussi.

Trois choses à faire lorsqu’il s’agit d’équilibre nutritionnel ?
1) Mettre de l’énergie dans ce que l’on mange, ne pas improviser. 2) Passer du temps dans sa cuisine et cuisiner. 3) Etre curieux, tenter au moins un nouvel aliment ou une nouvelle recette chaque semaine.

Trois choses à ne pas faire ?
1) Manger des produits industriels transformés. 2) Manger des produits comprenant des graisses saturées. 3) Un conseil : éviter de consommer de la viande ou du poisson au moins un jour par semaine et voir comme l’on se sent après.

Kilian Jornet, dont vous êtes proche, vous a dit un jour qu’il était impossible de manger correctement aux Etats-Unis. Du coup, pour lui prouver qu’il avait tort, vous l’avez invité chez vous et vous avez cuisiné ensemble…
Oui. Nous avons préparé des pâtes avec des champignons que nous avions trouvés ensemble dans les montagnes. Nous avons préparé un pesto végétarien et du « tempeh » aux tomates confites.

Et il a aimé ?
Oui, je crois. Il était très content de notre journée.

Combien de temps passez-vous chaque jour dans votre cuisine ?
Je dirais une heure minimum. La plupart du temps, deux heures.

L’art de la table et de la gagne selon Scott Jurek

 

Pensez-vous que la relation avec la nourriture évolue aussi et peut-être surtout en vieillissant ?
Peut-être. Je suis devenu végétalien lorsque j’étais jeune. Bien avant d’avoir 30 ans. Pour d’autres, la modification dans l’alimentation vient plus tard. Parfois, c’est une maladie qui sert d’élément déclencheur ou la disparition d’un proche. Je pense qu’il faut s’ouvrir à cette idée mentalement et spirituellement. Courir, c’est la même chose…

Vous avez plus de 40 ans. Sentez-vous que vous êtes d’un point athlétique sur la pente déclinante ?
Je pense que je peux être encore très compétitif sur certaines distances. Lors des courses de 24h par exemple. Les 100 miles (environ 160kms), ça devient plus dur…

Plus c’est long, plus c’est bon !
Oui, exactement. Les courses sur plusieurs jours me vont bien car je peux faire valoir mon expérience, ma motivation. Je suis moins rapide mais plus fort mentalement.

Vous avez dit : « Courir ne doit pas se résumer à la victoire mais davantage à une découverte de soi. »
Oui. La découverte de soi explore de nombreuses voies. Et courir est l’une de ces voies. L’une des plus importantes. La vie est un long apprentissage : apprendre à être une meilleure personne, à vivre harmonieusement avec son environnement, à se fixer des buts raisonnables et raisonnés. Le running m’a permis de découvrir toutes ces choses qui dormaient en moi. Mais j’aurais sans doute pu emprunter d’autres routes : l’art, la musique…

La promotion de votre livre vous oblige à beaucoup voyager. Ce qui – j’imagine – complique votre entraînement. Comment le vivez-vous ? 
Je vis une période de transition. Il y a quinze ans, je ne pensais qu’à m’entraîner et à préparer la compétition suivante. Aujourd’hui, ma vie est plus excitante. Je voyage. J’apprends à dormir dans les avions, à me nourrir correctement avec ce que je trouve, à écouter les autres…

L’art de la table et de la gagne selon Scott Jurek

Vous gagner plus d’argent avec votre livre qu’avec le sport…

Mais je n’ai jamais gagné d’argent avec le sport : j’en ai perdu ! Aujourd’hui, il y a des courses avec des primes pour les vainqueurs. Mais, pendant longtemps il était impossible d’être un coureur professionnel. Il n’y avait pas de sponsors. Je dépensais mon propre argent pour voyager et ça m’allait très bien. Lorsque l’on est passionné, on ne fait pas les choses pour l’argent. C’est la beauté de l’ultra marathon : il n’y a pas beaucoup d’argent. Donc la pression de gagner n’est pas aussi importante. On ne se dope pas pour être plus performant. Alors, oui, vous avez raison : je gagne plus d’argent aujourd’hui à donner des conférences que dans le passé en gagnant des courses…

Quel souvenir intime conservez-vous des courses prestigieuses que vous avez remportées (Badwater, Spartathlon…) ?
Le concept même de victoire est très égocentrique. A quoi ça sert finalement de gagner ? Le jour vient toujours où l’on veut plus que simplement gagner. Il y a quelque chose d’assez enfantin dans le besoin de toujours être le meilleur. Aujourd’hui, j’éprouve une immense satisfaction en parlant avec des gens qui me disent : « Scott, j’ai perdu 60 kilos, je me suis bougé, j’ai changé ma vie… »

Pouvez-vous vous imaginer courant un jour lentement et aimant ça ?
Oui ! J’ai toujours rêvé d’évoluer au cœur d’un peloton. Rêvé de m’entraîner pour rester en forme et en bonne santé mais pas pour courir vite. Je veux courir encore et participer à des compétitions mais plus pour courir vite. Trop de membres de l’élite veulent courir vite ou ne pas courir du tout. Ce n’est pas mon cas. Ce n’est pas moi. Ce n’est pas ma personnalité. Ce qui m’intéresse – encore une fois –, c’est la durée, la longévité.

Imaginons que vous soyez à la maison – à Boulder, Colorado – avec votre famille. Que cuisineriez-vous ce soir pour dîner ?
Je suis un fan de gastronomie thaïlandaise. C’est ce que j’aimerais cuisiner aujourd’hui : du tofu et des légumes en mélangeant les épices. Et des lentilles corail peut-être. Voilà que j’ai faim, maintenant !

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Published by the way of my life
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 14:58

A mon ami Cédric ...

En hiver dernier, quand je boucle mon programme pour la saison 2015, je n’ai pas encore à ma connaissance l’existence de l’UBVT. Mais dès que je l’apprends, c'est pour moi une évidence. Ce rendez vous d’avril est incontournable. Il a fait l’objet de longues réflexions. Car préparer un Ultra pour début avril, et vivre en haute Savoie sans avoir trop la possibilité d’accumuler des kilomètres à cause de la neige, n’est guère évident. Mais une fois le plan élaboré, j’ai aussitôt envoyé mon inscription. J’étais sur de moi.

L’Ultra Beaujolais Village Trail, organisé par l’équipe de David Uliana, est une première édition. Le parcours promet d’être fantastique et de faire le tour intégral du Beaujolais sur une distance de 110 km avec 4800 D+.

Ultra Beaujolais Village Trail

Le Beaujolais / Mâconnais est le pays de mon enfance. Le pays dans lequel j’ai beaucoup de souvenirs. C’est là où nous partions, enfants, se balader entre amis et avec mes parents. C’est là que j’ai découvert ces étendues de vignes aux couleurs rougeâtres en automne, et ces chemins jaunes feu avec ses milliers de genêts printaniers. Le Beaujolais, c’est aussi l’endroit où j’ai effectué mes premiers tours de vélo. L’enchaînement des cols qui mériteraient tant d’être connus. Depuis que je pratique le Trail, je n’avais jamais trop eu l’occasion de m’exprimer ici. J’ai surtout couru dans les Alpes et les Pyrénées. Alors, prendre ce départ devant mes proches était la meilleure opportunité de bien commencer la saison.

 

3 semaines avant l’UBVT, nous organisons avec Yann Nourry, en guise de w.e choc, une reconnaissance du parcours sur 2 jours. Autant le dire, il a plu les trois quarts du temps le premier jour. Je sortais d’une rhino-pharyngite. Et les sensations n’étaient donc pas les meilleures aux côtés d’un Yann qui marchait (déjà) sur l’eau. Le deuxième jour, il faisait meilleur avec beaucoup de vent mais les sensations étaient les mêmes. Bref. Je n’en garde pas un super souvenir, mais néanmoins, cela m’a permis de bien cerner le parcours qui est de toute évidence bien tracé et absolument bien imaginé! Dès lors, il ne restait plus qu’à bien assimiler ces 2 jours de volume et affiner les derniers entraînements en fonction de mes ressentis pour être fin prêt le jour J.

 

La semaine précédent le départ, la logistique a pris une grande place dans le quotidien: organisation des ravitaillements, des déplacements, des points d’assistance… Mon père a fait un travail colossal. Il est même allé sur place pour chronométrer en voiture les intervalles entre les points d'assistance pour une bonne fluidité visuelle du parcours. On a organisé ça pour que tout se déroule comme sur des roulettes le jour de la course. L’idée était aussi que les accompagnateurs puissent nous voir passer au maximum d’endroits sur la course. Pour eux aussi, c’est une longue journée!

 

Les derniers entraînements pour affûter les cannes sont bons, je sens que j’ai de bonnes sensations.

 

Puis tout va très vite, ça file à 200 à l’heure. Nous sommes déjà la veille. Il faut aller chercher le dossard. On effectue les derniers préparatifs d’avant course… Et le réveil sonne à 2h du matin dans la nuit du samedi 11 avril. Cette fois, on y est! On ne va pas se plaindre! Loin de là même pour moi. On l’a choisi. J’en ai même rêvé de ce moment. Je voulais et j’étais prêt à en découdre. Ça fait tellement longtemps que je souhaitais être au départ de cette course. 

Ultra Beaujolais Village Trail

Samedi 11 avril, 4h.

Les coureurs sont conviés au briefing d’avant course dans la salle des fêtes de Saint-Etienne-des-oullières. C’est l’occasion de profiter de l’ambiance et de l’atmosphère des lieux. Le moment aussi de retrouver avec grand plaisir des copains pas vus depuis longue date. David Uliana nous sensibilise au micro sur les règles du parcours, et invite ensuite les 130 coureurs à rejoindre la ligne de départ.

 

Cinq, quatre, trois, deux, un, … le départ est donné dans le pur esprit TRAIL!! Simple, pas de chichi, pas de blabla! Les frontales allumées, c’est parti pour une belle journée de sport.

Immédiatement, après quelques foulées, je devine que j’ai des bonnes jambes. Ça roule tout seul. Je surveille mon cardio car c’est très facile de se laisser emporter par l’événement et de laisser du jus dans l’euphorie du moment. Mais non, je suis bien. Je cours un moment aux cotés de Fred Desplanches, Yann Nourry, François d’Haëne. Le rythme est bon mais pas surélevé. Et puis petit à petit, chacun prend sa place, se met à son rythme, et s’enferme dans sa bulle. Moi j’ai la chance de retrouver un copain à mes côtés sur ces premiers hectomètres. Il s’agit de Vincent Aujogues. Ancien cycliste sous les mêmes couleurs que moi au Vélo Club Bressan dans les années 2000. Cela faisait bien longtemps qu’on avait pas eu l’occasion de se parler. Quel plaisir d'être là ensemble pour l'occasion!

 

On arrive assez vite à Saint Étienne la Varenne, et les premières difficultés se présentent devant nous. Là, les discussions se font plus distantes, et le peloton s’enfonce dans l’obscurité des bois jusqu'à ce que chacun se retrouve seul ou presque.

 

Premier sommet, la moitié en marchant dans les pourcentages les plus raides. Et le reste en trottinant. Ma stratégie est claire: je ne veux pas inutilement «lâcher» de l’énergie dans les portions montantes où je peux avancer aussi vite en marchant qu’en courant. Je préfère relancer en courant sur le sommet et courir plus vite sur les portions plates et descendantes. Première descente. Ça se déroule bien pour moi. Je règle ma frontale en mode «phare» pour ne pas me faire piéger par des cailloux mal attentionnés. Pas d’erreur.

 

J’arrive km 8 à Quincié-en-Beaujolais au hameau «les blains» avec 15’ d’avance sur mes prévisions. Nous traversons la route, et prenons la direction du château de Romarand. Même de nuit, c’est quand même plus appréciable d’avoir reconnu le parcours au préalable. On sait où l’on va. Mon assistance a pu venir me voir passer à 2 endroits avant de se rejoindre au premier ravitaillement à Beaujeu, capitale du beaujolais. On pourra dire que toute cette partie de nuit s’est vraiment bien déroulée pour moi. Bien gérée. Et la sensation de courir léger. La foulée aérienne mais sans «taper» dedans. C’est donc avec un gros capital confiance que je rejoins Beaujeu.

Ultra Beaujolais Village Trail

Km 26. 6h35’. Les ruelles de Beaujeu défilent. Le jour commence très timidement à pointer le bout de son nez. Je rejoins Carole et mon père. Tout est prêt, c’est extra! Service sur mesure.

 

Ma deuxième stratégie est de perdre le moins de temps possible au ravitaillement. Mais sans négliger de bien se ravitailler!!! Peu importe si je dois rester 15 secondes ou 30 secondes de plus que mon collègue d’à côté. Je mange ce que j’avais prévu de manger! Si tu veux tenir sur un ULTRA, c’est la clé! Ma chérie me tend donc tout l’arsenal (flask, ravitos maison, etc…). Et ni une ni deux, je repars. Ce fut express. Ravitaillement réussi.

 

Je sais que quelques mètres plus loin ça monte. Alors je marcherais, et je prendrais le temps d’avaler ce que j’ai dans les mains. Puis on traverse le village, et on rejoint les premières pentes du col du fût d’Avenas. Je suis pointé dans les 10 premiers.

 

Pour moi, la première véritable difficulté de cet UBVT commence. Il s’agit de l’ascension de la croix de Rochefort. Ce sont des bonnes pentes qui se dressent devant moi. C’est long. Je marche activement dedans. D'un œil je surveille ma montre qui m'indique une allure instantanée entre 600 et 900m/h. Je relance à quelques endroits en courant, mais je fais la majorité de la montée en marchant. Je serais curieux de savoir comment la tête de course a géré ce passage? Au milieu de l'ascension, 2 coureurs me rejoignent et me passent comme un courant d'air. Franchement, sur le coup, je n'ai rien compris. Je me dis que c'est peut être des coureurs sur le format relais, mais non. Inutile de se mettre dans leur allure, ça serait une belle erreur. Je laisse filer, et je maintiens mon rythme jusqu'au sommet. La vue depuis la croix de Rochefort est superbe. Le soleil se lève, et le beaujolais se dévoile sous son plus bel aspect. Il y a bien quelques nuages, et parfois quelques timides gouttes de pluie qui viennent de temps en temps nous rafraîchir, mais cette région est magnifique!

 

Je relance bien au sommet pour une longue partie roulante. Je me mets en mode course. Les kilomètres défilent jusqu'au col de Crie. 

Ultra Beaujolais Village Trail

Km 38. 08h10'. Voilà le deuxième gros ravitaillement de la course. J'ai le plaisir, en compagnie de mon assistance, d’apercevoir Cédric venu de loin pour me voir courir. Malheureusement, je n'ai pas trop le temps de lui parler mais le geste m'a profondément touché. Idem qu'à Beaujeu, je me ravitaille en conséquence, la route est encore longue. J'ai trouvé l’accueil au col de Crie vraiment chaleureux. Je repars aussitôt le plein effectué.

 

Quelques longueurs, puis on traverse un pont romain. Et tout de suite à la sortie, on pique à gauche pour rejoindre le pied d'une cascade. Ah! Là ça me plaît! Déjà c'est chouette. Et en plus ça grimpe et faut y mettre les mains. Du pentu, du pentu, et du pentu. «Dré dans la pente» qu'ils disent par chez moi :-) Le coin est un peu humide, oui mais bon, à coté d'une cascade c'est compliqué de faire autrement. Je marche tout du long. Et au sommet je relance sur un bon rythme.

 

Là, pour la 2e fois de la journée, les choses sérieuses se dressent devant moi: l'ascension du Mont Saint Rigaud. Une montée plus courte que la croix de Rochefort, mais plus caillouteuse, plus technique, plus pentue par endroits. C'est le plus haut sommet du Beaujolais. Il culmine à 1005 mètres d'altitude. Bon, ça c'est fait!

 

Au sommet, je relance, et j'essaie de bien me relâcher dans la descente. Je me remémore certains passages lors de notre reconnaissance. C'est toujours sympa de transférer mentalement des moments qu'on a apprécié pendant la course. C'est de la positive attitude. S'en suit une descente ruisselante. On se retrouve dans un ruisseau. Il y a de la boue partout.

Ultra Beaujolais Village Trail

Ce qui me conduit à Saint-Igny-de-Vers au hameau «les blanchons» km 52. Je passe à 09h30'. Ça monte, ça grimpe, ça redescend, ça regrimpe, etc... Les encouragements se font nombreux. Cool. Je garde mon allure. Je suis vraiment dans ma course. Je veux rester le plus frais possible le plus longtemps possible.

 

Km 60. 10h20'. Propières. Il s'agit du troisième ravitaillement de la course. On rentre dans le village, puis nous sommes dirigés puis accueillis dans la salle des fêtes. L'organisation est vraiment nickel. Carole et mon père sont toujours au taquet. Tout est bien disposé sur une table à l'entrée. Prêt à me servir. C'est le top!

Depuis plusieurs kilomètres, je fais la course avec un coureur fort sympathique. De temps en temps, on regarde d'un œil si l'on aperçoit ou pas un coureur ou deux revenir derrière nous, en vain. Et là, alors que je suis en train de me ravitailler, je vois Robin Goutalier débouler de nulle part avec une (très) belle foulée. Il arrive au ravito qu'il survole presque. Je le sens vraiment bien et je suis content pour lui. J'ai fait sa connaissance lors de notre reconnaissance, et j'ai rencontré un sympathique coureur. C'est aussi ça l'esprit Trail! Je repars avant lui, mais il me rattrape rapidement quelques centaines de mètres à la sortie de Propières, toujours avec une belle foulée. Moi je suis en train de finir mon ravito en marchant. Mais à le voir, ça gamberge pas mal dans ma tête. Dois-je le suivre ou pas? Arf, je sais pas, j'hésite. Il connaît bien le parcours. Allez, non, je reste à mon train. La course est encore longue. Et puis je le vois disparaître. Sa foulée à l'endroit où nous nous trouvons est vraiment belle. Mais j'ai peur que cet effort se paie plus tard.

Ultra Beaujolais Village Trail

J'arrive aux Echarmeaux, Km 66 à 11h10', seul. J'ai lâché le coureur qui m'accompagnait depuis déjà de longs kilomètres. Cela faisait un moment qu'il me disait que ses jambes se durcissaient. Et dans une petite descente, j'ai entendu sa respiration s'éloigner derrière moi. Merci à lui pour le bout de route passé ensemble, c’était sympa. C'est donc seul que je vais courir maintenant. 

Ultra Beaujolais Village Trail

J'arrive à Poules les Echarmeaux, km 69 à 11h25', c'est le quatrième ravitaillement de la course. Idem que les autres. Bel accueil dans une salle idéale pour l'emploi. Je suis pointé en 6e position. J'ai le droit à de chaleureux applaudissements. C'est peut être le ravito où j'ai le moins mangé. J'avais surtout soif. J'en ai profité pour échanger mon bandana avec une casquette et des lunettes. En effet, le soleil commence à vraiment pointer le bout de son nez et la température se réchauffe drôlement.

 

Je repars sur un bon train. Mais quelques kilomètres plus loin, c'est Vincent Aujogues qui revient sur moi. On monte un moment ensemble. On échange quelques mots, mais il relance beaucoup plus fort que moi sur la fin de la partie montante. Je laisse aller. Il a l'air très costaud. Bon, à ce moment là, j'avoue que je me demande si je ne suis pas parti trop vite? Si je suis dans le bon tempo? Vincent disparaît en quelques foulées. Son changement d'allure est trop brutal pour moi. Je bascule donc seul dans la descente. Je cours sur un gros chemin forestier avec des énormes et grands sapins. Franchement, j'en rigole car un instant on se croirait au États-Unis. Non Romain, tu n'es que dans ton Beaujolais!

 

Je retrouve mon assistance venue me voir passer au col de Favardy, km 78 à 12h25'. Ils me glissent quelques mots d'encouragement. Ça fait du bien! C'est la course d'une équipe, et non pas d'un seul coureur. Vincent est déjà pointé à 1' minute mais je ne le sais pas à ce moment là. Je sais en revanche qu'il y a une énorme descente, là tout de suite, un peu technique, mais surtout très raide qui casse bien les quadris. Je plonge dedans. Je cours relâché. C'est vraiment mon point fort. Et presque arrivé en bas, je reviens sur Robin et Vincent. En quelques minutes, et sans même vouloir le faire (sans aucune ambition de vouloir rattraper du temps ou de recoller devant) j'ai bouché un trou énorme. Mon moral remonte en flèche direct. J’étais pourtant bien. Je ne sombrais pas ou quoi que ce soit. J’étais ravi de ma course jusque là. Mais je ne sais pas, avoir pu rentrer sur eux en même temps, cela m'a galvanisé. C'est ça l'ULTRA. Ce sont ces émotions qui peuvent varier sur une aussi longue distance en aussi peu de temps!!!! On court pour vivre des moments comme celui là. On court pour ressentir ces émotions là. A leur contact, on échange quelques mots comme si on faisait un état des lieux pour tous. Robin me dit qu'il n'est pas au mieux. Je l'encourage. Vincent me paraît mieux. On reste ensemble quelques instants. Puis je prends quelques longueurs dans une petite bosse que je passe en courant. Au sommet je me retourne, et à ma plus grande surprise je ne vois plus personne. Je me dis que Vincent va bien rentrer sur moi dans quelques minutes. Mais les kilomètres passent et je ne vois personne derrière moi. Alors je continue.

Col de Favardy

Col de Favardy

Km 88, à 13h30'. J'arrive à Claveissolles. Cinquième ravitaillement de la course. Je suis pointé en 5e position. Je me sens vraiment bien. A ce moment là, le corps et l'esprit ne font qu'un! Je sais exactement pourquoi je suis là. Je me sens fort dans la tête et je ne perd pas de vue mon objectif. Je me sens solide. C'est un tournant de ma course, c'est certain!

Mon père pensant voir arriver deux autres coureurs avant moi est très surpris de m'apercevoir déjà là. Il m'a vu dans la descente à l'entrée du village. J’étais à l'ouvrage. Le ravito est quelques dizaines de mètres plus loin. Carole n'a qu'un mot en bouche: «Vas y mange! Mais calme toi! Hihihihi...» Ça me fait vraiment du bien de m'arrêter, même un court instant. Elle me tend deux nouvelles flask. Sa présence me fait du bien. Je me ravitaille dans le même état d'esprit que le précédent. Je sais que quelque chose se joue ici, là et maintenant. Mon père me dit juste avant que je reparte: «Romain, c'est maintenant que ça se joue!!». Je le regarde et je vois bien dans ses yeux qu'il a raison. Si je maintiens ce rythme, je pense que c'est possible de faire un joli truc. Mais quelque part, je m'interdis d'y penser car la course est encore si longue, et il peut encore se passer tellement de choses.

 

En repartant du ravitaillement, je suis surpris de ne toujours pas voir arriver Vincent et Robin. Je suis stupéfait de l'écart que j'ai fait en aussi peu de temps. Je relance. J'essaie de ne pas repartir sur un faux rythme. Je cours! Je me sers des forces que j'ai économisé parfois en marchant pour maintenant. Je le dis! Ces moments me plaisent! Je suis à la bagarre. C'est fou non!? Après 90 km, on est encore à la bagarre.

Ultra Beaujolais Village Trail

Je rejoins le pied du Soubran – km 93 - qui mène à l'antenne avant de basculer plus tard sur le col de la Croix-Marchampt. Qui l'aurait cru? J'ai les jambes pour courir dans la montée. Au même endroit, 3 semaines plus tôt, j'essayais de cacher comme je le pouvais à mes compagnons de reconnaissance que j’étais à l'agonie!!! Et aujourd'hui, je ne sens plus mes jambes. Je bascule, et j'entame la descente très raide, et bien technique sur le haut.

 

J'arrive au Col de la Croix-Marchampt, km 96 à 14h40'. Je retrouve mon assistance pour de chaleureux encouragements. L'organisation proposait des verres d'eau que je saisis avec plaisir. J'adore ce passage. C'est tout simplement grandiose. Plus haut, on monte sur une crête avec une vue panoramique sur tout le Beaujolais à 360°. Le soleil est agréable. La crête sur laquelle je me retrouve est une succession de montées et de descentes. On court sur un terrain que j'affectionne particulièrement. Ce parcours a du sens, je ne cesse de le dire. Je suis motivé à bloc.

Ultra Beaujolais Village Trail

Km 100 à 15h20' – Le Perréon la sablière. Dernier ravitaillement de la course. Mon assistance est venue malgré le côté un peu isolé des lieux. Là, plus besoin de manger. Il faut sucrer pour les 10 derniers kilomètres. Je m'enfile quelques pâtes de fruits. Je n'ai qu'une chose en tête, je veux tenir cette 5e place. Et le challenge me plaît. Nous sommes des compétiteurs. Je suis porté par les encouragements de mes proches et de l'organisation. Il me reste 10 km. Je suis pointé en 5e position. La tête de course est bien trop loin. Mais derrière je ne sais pas comment ça court!?

 

Je repars, je relance. Je descends le plus relâché possible. C'est abrupt. On perd rapidement du dénivelé. Ça fait mal aux jambes à ce stade de la course. Mais malheur à celui ou celle qui ne sait pas ce qui l'attend. A la fin de cette descente, on tourne à droite, on remonte un chemin pour s'engager dans l'ultime ascension de la course. Une montée sèche à la ferme de Marie. 240 D+ en 2km. Droit dans le pentu! C'est le juge de paix. C'est simple, tu suis la rubalise, c'est tout droit dans les feuilles au milieu des arbres. Il n'y a pas de chemin.

 

Une fois là haut, je commence à descendre. Je sais que c'est terminé. Plus de bosses. Ça déroule jusque sur la ligne d'arrivée. Seulement à partir d'ici, je me mets à vraiment savourer. Je prends seulement conscience de ce que j'ai fait. 2 phrases se percutent dans ma tête: «Extra tu l'as fait!» et «Reste concentré Romain, jusqu'à l'arrivée, reste concentré». J'ai du me répéter ça une bonne cinquantaine de fois depuis le sommet de la ferme de Marie à la ligne d'arrivée. Lol.

 

Puis en fin de compte, tout va encore très vite, je vois Saint Étienne des Oullières se rapprocher. Un dernier passage au niveau de l'église au centre du village:-) et c'est l'arche d'arrivée qui se présente. David Uliana m'attend en compagnie de mon père, Carole, Yann, Murielle, et tous les spectateurs. 

Ultra Beaujolais Village TrailUltra Beaujolais Village TrailUltra Beaujolais Village Trail

Je franchis la ligne au bout de 110 km avec 4800 D+ en 12h28', et je me classe 5e au classement scratch, 3e senior.

 

Juste après la ligne franchie je tombe dans les bras de Yann (2e derrière Fred Desplanches à seulement 6'). L'émotion est belle. On se congratule. On échange quelques mots. Puis je tombe dans les bras de Carole et de mon père. Le moment est unique et inoubliable! Je le redis, c'était pour moi une course d'équipe. Ils ont pleinement contribué à ce résultat de par leur engagement. Se lever à 2h du matin et être au TOP toute la journée comme ils l'ont été, c'est aussi une perf! 

 

Je suis tellement heureux d'avoir pu courir à ce niveau là durant toute la journée. Et tellement satisfait d'avoir su conjuguer ma santé avec la notion de plaisir et de performance. Je reviens de loin, je sais. Et à travers cette épreuve, je souhaite encore une fois transmettre et passer le message à toutes les personnes atteintes de M.I.C.I que l'espoir continue et perdurera toujours à partir du moment où il y a une volonté. Ne laissez jamais la maladie dictez les choix de votre vie! Soyez toujours celui qui décide quel chemin vous devez emprunter! 

Interview d'après course - un bon moment pour décrire les sensations, les émotions, et remercier tous les bénévolesInterview d'après course - un bon moment pour décrire les sensations, les émotions, et remercier tous les bénévoles

Interview d'après course - un bon moment pour décrire les sensations, les émotions, et remercier tous les bénévoles

Malgré les bonnes sensations des derniers entraînements, je ne pensais pas pouvoir prétendre à un tel résultat sur cet Ultra Beaujolais Village Trail. Mais au delà du résultat, c'est davantage la manière qui m'a plue. J'en tire plusieurs conclusions.

 

Sans aucun doute l'ULTRA est la combinaison de plusieurs paramètres quasiment tous plus importants les uns que les autres. C'est un ensemble de paramètres, qui, mis bout à bout sont la somme d'un résultat ou d'une défaillance. Ces paramètres sont aussi ce qui fait le charme de ces formats de courses. Il me semble avoir su gérer au mieux ceux-ci:

 

  • la qualité du sommeil la semaine précédent l'épreuve. Je me suis énormément reposé, «fais du jus» comme on dit dans le jargon.

     

  • La qualité de son alimentation de tous les jours jusqu'au jour J. C'est mon «dada». L'alimentation est mon domaine, ma passion. J'en fais mon métier de Naturopathe. Certains jugent inutiles, voir stupides ou superflus, certains principes. Et pourtant, dans bien des domaines de la santé et de la performance, la qualité de notre alimentation a donné des excellents résultats à moyen et long terme. Encore une fois, il s'agit de personnaliser pour chacun une méthode et une stratégie. Nous apprenons à nous connaître avec le temps.

 

  • La qualité des ravitaillements (solides et hydratation) qui m'ont permis de rester dans la course et dans l'allure. Lié au précédent point. Grâce à ça, j'ai pu resté à la bagarre jusque dans le final. Je n'ai jamais rencontré de baisse de forme ou de passage à vide. J'ai été constant sur la totalité du parcours. Je n'ai pas peur de confectionner moi même mes propres ravitaillements aussi bien solides que liquides. Malgré des tables abondamment remplies lors des ravitaillements, je ne trouve pas toujours exactement ce que je veux, et surtout ce que je peux. J'essaie de conjuguer avec ma santé et mon corps.

 

  • La gestion de son stress . La reconnaissance du parcours 3 semaines avant la course a été très utile. J'ai ainsi pu systématiquement savoir où j'en étais, et je n'ai ainsi jamais subi le parcours. Je savais toujours ce qui m'attendait comme difficultés. Je savais quand prendre son temps, et quand accélérer. C'est un plus considérable pour la gestion du stress. Enfin, savoir toujours idéalement transformer son anxiété en adrénaline (stress positif) . Avec des méthodes simples de respiration, savoir le plus longtemps possible positiver même dans les moments les plus durs.

 

  • La qualité de son matériel qui nous accompagne durant la course avec pour ma part un cheval de bataille: le poids!

     

  • Le mental. Pour moi un des points les plus importants! Il faut savoir pourquoi nous sommes là. Pourquoi nous voulons faire ce genre d'épreuve. Quelles sont les véritables sources qui nous poussent à se présenter au départ d'un ULTRA. Je suis persuadé que le mental prend la part la plus importante sur le physique. Quand la tête veut, quand la tête va bien, le corps suit.

 

Côté entraînement, il faut en conclure que le travail finit toujours par payer. J’ai beaucoup bossé cet hiver et j’attendais avec impatience d’en tirer profit. J'ai pu laisser derrière moi cette entorse survenue à la fin décembre et qui m'a handicapé durant 6 semaines. La rééducation faite, j’ai voulu me projeter sur des blocs de travail, de la musculation, des entraînements adaptés au terrain de l’UBVT, en allant notamment régulièrement courir chez mes parents où le terrain ressemble comme deux gouttes d'eau au circuit de la course. Ça demande beaucoup d’implication. Cela vient valider les heures que l'on passe dehors avec les sacrifices que ça demande. Une belle saison s’ouvre à moi désormais.

 

Remerciements:

  • A Carole et mes parents pour leur soutien, leur amour, et leur dévouement.

  • A Julien Rancon (R.A.C.E.S) et à Vincent Rabec (Optima Sport Solutions) qui m'ont aidé et accompagné dans une planification cohérente. Certains peuvent se passer d’entraîneur et/ou de préparateur physique, et bien pas moi. Je trouve cette complicité trop riche. J'aime ça.

  • A tous mes proches qui m'ont soutenu de près ou de loin pendant cet UBVT, avec une pensée vraiment particulière à mon ami Cédric. 

Podium UBVT scratch

Podium UBVT scratch

Résultats / classements complet UBVT

Résultats / classements complet UBVT

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 08:45

C'est un rituel de début de saison sur les sentiers des monts d'or et pour beaucoup un rendez vous incontournable. En effet, ce n'est pas moins de 1600 partants qui se réunissent ce dimanche 8 mars sous l'arche de départ à Chasselay (69).

Au programme du jour, les coureurs ont le choix entre deux parcours: un de 25 km avec 1100 D+ et un de 42 km avec 2000D+.

Malgré une reprise tardive (après 6 semaines de blessure suite à une belle entorse survenue le 28 décembre dernier) je décide de venir sur le Trail des cabornis avant tout pour m’entraîner et emmagasiner des heures et des kilomètres.

Donc ce Trail des cabornis fait partie intégrante de ma préparation. Je ne cherche pas non plus à faire du jus la semaine d'avant. Je l’intègre complètement dans le programme.

Le départ est rapide (j'ai envie de dire comme d'habitude). Mais je ne m'en préoccupe absolument pas. Je m'enferme immédiatement dans ma bulle pour ne pas rapidement perdre de vue mon objectif premier. Je cours à mon rythme, je surveille le cardio du coin de l’œil.

Les kilomètres défilent. Je me sens bien. Il fait beau. Le parcours propose énormément de monotraces, et de singles surplombants la vallée du Rhône. C'est très beau. Que du bonheur me dit un des sympathiques bénévoles.

Trail des cabornis

Nous sommes sur un parcours exigeant qui demandent une vigilance permanente. C'est par endroit très technique. Il faut rester concentré sur ses foulées.

Après la bifurcation des deux parcours, je constate qu'il y a déjà beaucoup moins de monde. Et forcément c'est quand même plus agréable. Le parcours n'est qu'une succession de montées et descentes, autant dire que c'est usant. Ça demande donc une certaine fraîcheur physique, et ça tombe bien, car il me semble que je l'ai. Je commence à rattraper plusieurs coureurs. Je me sens bien en jambes. Je marche très peu. A mon train, je passe quasiment tout en courant.

Trail des cabornis

Aux alentours du km 28, je rattrape Sissi Cussot (team Asics). Tout le monde connait les qualités de cette athlète. Là je me dis: n'en fais-tu pas trop? N'es-tu pas au dessus de ton "régime" pour bien finir l'épreuve? Ca commence à cogiter dans ma tête. Mais pourtant je me sens bien, alors j'insiste. Je sens qu'elle cale un peu dans les bosses. Alors je la double et je relance. Je gère bien mon allure. Je suis constant dans l'effort. On va se livrer un mano à mano durant plus de 10 km. Et franchement, c'était bien sympa...

Ce petit jeu nous fait franchir la ligne d'arrivée dans la même minute. J'ai trouvé ce petit clin d'oeil assez chouette.

Trail des cabornis

Voici les résultats:

http://www.terrederunning.com/medias/news_medias/361/CLASSEMENT_FINAL_23-40.pdf

Pour conclure:

J'ai essayé de rendre une belle copie de ma course, sans accoup. Je voulais faire une course pleine et la prendre comme un bon entrainement, pour savoir où j'en étais après un hiver chahuté, mais aussi dans l'optique d'engranger des heures en vue de mon objectif du 11 avril, et ma participation à l'UBVT - Ultra Beaujolais Village Trail.

Je suis donc pleinement satisfait. L'objectif est atteint.

Je me classe 32e / 400 coureurs (environ) en 4h24' soit à 9.5km/h de moyenne. Mais ça c'est de la littérature à coté du plaisir "monstre" que j'ai pris sur ses sentiers, ...

Crédit photo: gs-image

Trail des cabornis

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