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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 18:32
90 KM DU MONT BLANC
Dans la vie, on ne fait pas toujours comme on veut, et surtout, ça ne se passe en fin de compte jamais vraiment comme on l'avait prévu. Voilà une leçon que j'ai apprise ces derniers mois. Mais l'important est de comprendre pourquoi la vie nous fait vivre de telles épreuves. Comprendre le sens de ce qui nous arrive me semble primordial, pour continuer à avancer, toujours. 
 
Ces derniers mois, je vous confie ici que j'ai énormément souffert. Sur bien des plans, rien n'a été facile. Il m'a fallu tenter de garder le CAP pour ne pas désespérer, ne pas abdiquer, et continuer d'aller de l'avant. 
 
Le : "Un pas après l'autre" ou "Un jour après l'autre" a alors pris ton sens... 
 
Depuis tout gamin, on m'a souvent dit que j'avais une énorme qualité : ma résilience. Cette fois-ci je m'en suis honnêtement aperçu. 
 
C'est donc dans un état d'esprit et un contexte émotionnel bien particulier que je m'apprête à prendre le départ du 90 KM du Mont Blanc. 
J'étais déjà inscrit (tiré au sort) en 2020, mais pour les raisons sanitaires que vous connaissez tous (merci coco !), l'épreuve a été annulée avec l'opportunité d'être repris d'office en 2021. Cette course, j'en rêve depuis (trop) longtemps alors il était hors de question de passer à côté. 
90 KM DU MONT BLANC
Jeudi 1er juillet
 
Avec mon assistance, nous avons pris une location sur Argentière, histoire de ne pas être trop loin du départ du 90 KM (Chamonix). 
 
L'arrivée sur Chamonix est toujours remplie d'émotion. J'ai tellement lu de romans et d'histoires sur les grandes épopées d'antan avec ces valeureux alpinistes, que je regarderai sans doute toute ma vie ces montagnes comme un enfant émerveillé devant des cadeaux de noël. Les voir, et surtout les arpenter, est une chance inouïe. 
 
Et puis, il faut bien le dire, depuis quelques années ce lieu est devenu la capitale du TRAIL RUNNING. Il y a toujours beaucoup d'engouement à venir ici. Le décor est planté. 
90 KM DU MONT BLANC
Vendredi 02 juillet
 
Le réveil sonne à 2h15 du matin, et ça fait vraiment mal. Décidément, je déteste ces départs de course aussi tôt. La nuit est vraiment (trop) courte, sans compter l'excitation et la cogitation de veille de course. 
 
J'effectue un court échauffement qu'il faut déjà se présenter sur la ligne de départ. Tout va très vite. Cette année, pour des raisons sanitaires, les 800 concurrents sont répartis en 4 SAS bien distincts. Moi, je pars dans le SAS n°1, et je constate la qualité du plateau. Les meilleures côtes ITRA sur ce format sont présentes sur la ligne de départ. La densité sur ce 90 Km du Mont Blanc est énorme, et c'est tant mieux, il va y avoir du spectacle ! 
 
Bon, quand même, qu'est-ce que ça fait du bien de réentendre la voix de notre speaker préféré Ludo Collet !
Il fait progressivement monter la pression. Faut dire qu' à 4h du matin, le public est un peu (trop) endormi, tout comme les coureurs d'ailleurs...
 
Côté météo, la journée s'annonce absolument magnifique. Ciel bleu. Gros soleil. Des températures clémentes. Bref, les conditions parfaites pour courir en montagne !
📸 @claudiobellosta

📸 @claudiobellosta

Tic tac ... 4h ... top départ, les fauves sont lâchés !
 
Je manque de jours de compétitions (pas remis de dossard depuis octobre 2020), donc forcément aussi un peu de rythme et de repères. Je pars à mon allure sans chercher à suivre la tête de course, et je cherche à m'isoler rapidement dans ma bulle. L'idée est de faire abstraction des autres concurrents, tout en gérant au mieux mon effort. 
 
Les premières pentes du Brévent arrivent très vite. Je dégaine les bâtons, et c'est tout le peloton qui prend de la hauteur. Très rapidement, je me rends compte que quelque chose ne tourne pas rond. D'abord, je constate que mon tendon d'Achille me gêne. C'est une "blessure" que je traîne depuis quelques semaines. Ce n'est ni une tendinite, ni quoi que ce soit d'autre... Je suis passé mainte fois dans les mains du kiné et de l'ostéo. A suivre !
Puis je me rends compte aussi que je plafonne très vite. Je fais pourtant attention à ma fréquence cardiaque, mais je sens que je ne cours pas libéré. Bref, j'ai déjà connu des meilleurs débuts de courses. 
📸 Gaetan Haugeard photography

📸 Gaetan Haugeard photography

Heureusement, le lever du soleil sur la chaine du Mont Blanc me fait oublier peu à peu tout ça. La neige devient orange, on dirait que le plus haut sommet d'Europe est en train de prendre feu ! C'est un véritable spectacle que la nature nous offre. Elle est tellement puissante à ce moment-là qu'elle s'impose à nous. J'ai la chance d'avoir déjà fait plusieurs ULTRA dans des endroits grandioses, mais c'est la première fois de ma vie que je m'arrête quelques secondes en course pour prendre le temps d'admirer ce panorama. Peut-être aussi qu'au fil des années mes motivations ont évolué ? Ce moment restera inoubliable !
📸 Gaetan Haugeard photography
📸 Gaetan Haugeard photography

📸 Gaetan Haugeard photography

Le sommet du BRÉVENT est atteint pour ma part en 1h55, déjà loin des tout premiers, mais vu le niveau, je m'étais préparé à jouer loin d'eux. 
Toute la traversée en balcon SUD de Chamonix, en passant par Plampraz, puis la Flégère, pour atteindre la Tête au vent se fait à la fraîche dans des conditions optimales. Il n'existe pas de meilleurs belvédère pour admirer la Verte, les Drus, les Aigulles de Chamonix, l'Aiguile du Midi, le Mont blanc du Tacul, et biensur le toit de l'Europe. Ce passage que nous avons l'habitude de passer en sens inverse sur les épreuves de l'UTMB, est sensationnel. 
Pour ma part, je prends un plaisir fou malgré une gêne au tendon d'Achille qui s'amplifie et qui perturbe quand même grandement mes plans, au point que je me demande aussi tôt dans la course si je vais bien pouvoir aller au bout de l'épreuve ? 
📸 Pixel en Cimes

📸 Pixel en Cimes

Après une longue descente bien technique par endroits, c'est avec joie que je retrouve mon assistance au village du Buet  - KM 28 - en 4h11' de course. Pas besoin de beaucoup parler, ils me connaissent par cœur et ils savent bien que tout ne tourne pas rond.
Pourtant, c'est précisément à partir de ce point là que tout commencera à mieux aller. En effet, je ne ferais que de remonter des concurrents au fil des kilomètres, et mes sensations iront de mieux en mieux. 
90 KM DU MONT BLANC
La montée vers les chalets de la Loriaz n'est pas très difficile en soi, mais elle est plutôt raide et continue. C'est bien la première fois depuis le départ où j'arrive à m'exprimer convenablement. Je sens les sensations qui reviennent bien, et ça me fait plaisir. 
 
Une fois là-haut - KM 35 -  revoir les chalets me rappellent beaucoup d'excellents souvenirs pour y avoir dormi lors d'un périple Chamoniard en 2019 avec la "bouille". Rien que de revoir cet endroit, le goût délicieux de la soupe carottes coco (en entrée) se rappelle à moi, miam ! Que de chaleureux et bons moments ! 
 
La descente est longue et souvent engagée. Elle nous conduit au village de Vallorcine  - KM 43 - que j'aurai l'occasion de rallier en 6h19' de course. Ici, contrôle du matériel obligatoire, puis assistance auprès de mes proches qui ont des mots réconfortants et encourageants. J'apprécie toujours énormément être à leur contact, ça fait vraiment partie de l'aventure, et cela me remplit d'énergie !
90 KM DU MONT BLANC
La montée qui suit vers le Col des Posettes est très raide mais splendide ! Je sens bien que j'ai retrouvé tous mes moyens dans cette ascension. Je me sens même vraiment bien. J'arrive à mettre du rythme et beaucoup de cadence. Je rattrape pas mal de coureurs qui semblent pour la plupart (déjà) en difficulté, chacun son tour !
Le col est d'enfer. Je passe là-haut  - KM 48 - en 7h17. Vue intégrale sur la grande VERTE et les DRUS sur fond de ciel bleu, pfiou quel spectacle !
 
La descente sur le TOUR est technique au départ, puis de plus en plus roulante. J'affectionne ce terrain de jeu car cela nécessite d'avoir toute la panoplie et les qualités du (bon) descendeur. 
 
Quand j'arrive au TOUR - KM 54 - , même émotion qu'aux chalets de la Loriaz. Le ravitaillement de la course se situe juste à côté du refuge du Club Alpin Français. Quand je passe devant, je ne peux pas m'empêcher de repenser aux nombreux fous rires que nous avons eu avec nos colocataires de chambrée (des jeunes novices qui découvraient la montagne voulant gravir le mont blanc) et à table lors du dîner. Surréaliste !
90 KM DU MONT BLANC
Après le TOUR, cela continue de descendre tranquillement, puis c'est vers la PLAN JORAN que nous nous dirigeons. Cette ascension est inédite, car cette année, étant donné que le parcours ne passe pas en SUISSE (restrictions sanitaires), l'organisation nous a concocté cette nouveauté. Comme les deux précédentes montées, je me sens bien. Je suis plus ou moins toujours sur le fil, mais mon rythme est excellent. Nous sommes dans les environs de midi, donc la chaleur commence à nettement se faire ressentir. Perso, j'adore ça. Mais je constate rapidement que ce n'est pas le goût de tous les coureurs quand je les rattrape. Les défaillances sont nombreuses, et je les encourage quand je les dépasse. 
90 KM DU MONT BLANC
Je rejoins mon assistance au hameau des BOIS - KM 67.7 - en 10h12' de course. Ravito le long de la rivière, en plein cagnard. Ça chauffe sous la casquette. C'est la dernière fois que je les vois avant de rallier l'arrivée car d'ici, à moins d'emprunter le petit train rouge, pas d'accès possible sur le parcours de la course. 
 
Me voilà parti en direction de l'hôtel de Montenvers, lieu mythique de la vallée. Punaise ! Je connais un passage un peu difficile dans le deuxième tronçon. En effet, ce sont des gros blocs de pierres à chevaucher / escalader. J'avoue que je réduis naturellement un peu le rythme toujours dans l'optique de gérer / lisser au mieux mon effort. Mais ne rien lâcher en valait la peine, car avec cette météo, la vue sur la mer de glace (du moins ce qu'il en reste) vaut son pesant de cacahuète. Dans son prolongement, j'aperçois les grandes Jorasses, et face à toute cette verticalité, je ne sais pas pourquoi (?), je pense à ces skieurs extrêmes qui osent se lancer skis aux pieds pour dévaler ses pentes. Faut quand même en avoir dans le pantalon !
📸 Pixel en Cimes

📸 Pixel en Cimes

Néanmoins, je reste concentré sur mon sujet, et c'est maintenant le SIGNAL qu'il faut rejoindre. L'ascension se fait sur des grandes dalles très caractéristiques des lieux. L'ambiance autour de nous est extraordinairement belle ! Nous évoluons dans un décor de rêve, et c'est exactement à travers ça que je trouve mes motivations les plus profondes pour exercer ce sport !
 
KM 75 - Le SIGNAL est atteint, et je me dirige dorénavant sur la LONGUE (!!!) traversée vers le refuge du Plan de l'aiguille. Cette traversée plus ou moins montante / descendante est interminable. C'est long, ... mais qu'est ce que c'est long ! Et pour le coup, le dicton : "les blagues les plus courtes sont souvent les meilleures" prend tout son sens. 
 
Je rejoins donc (non sans mal) le refuge du Plan de l'Aiguille - KM 79 - en 12h42'. Ici, j'ai la chance de côtoyer de supers bénévoles. Ils blaguent. Ils rigolent. Ils sont aux petits soins, et franchement merci à eux ! 
 
Je connais ce dernier tronçon pour rejoindre l'arrivée. C'est une longue descente où l'on perd environ 1300 D- sur 6 km. Très technique au départ, puis plus roulant à partir de la moitié.
Mes quadris hurlent, c'est une souffrance atroce. J'ai les jambes qui se durcissent, et cela devient compliqué de courir sans gémir à chaque cailloux qui vient faire obstacle à mon avancée. 
 
Et là, au détour d'une énième épingle, c'est avec une joie immense que je retrouve mon ami Eric (à environ 3 km de l'arrivée). Il m'attendait là, sur le sentier, tout simplement pour venir m'encourager. Ce sont des gestes comme ceux-ci qui me touchent profondément. 
 
Une fois en bas de cette grosse montagne, je traverse les dernières ruelles, et c'est avec un immense bonheur que j'entrevoie l'arche d'arrivée. 
 
Pendant ces toutes dernières foulées, j'ai une pensée (très) émue pour ce petit être qui nous a quitté en mai dernier. 1 mois et demi déjà que tu as laissé un immense vide dans notre vie, mais ce petit doigt au ciel en franchissant la ligne d'arrivée était pour toi. 
90 KM DU MONT BLANC
90 KM DU MONT BLANC
C'est donc au bout de 13h45' de course que j'en termine à la 45e place au scratch et 8e M1 (et oui, avec l'âge on commence à regarder le classement de sa catégorie). 
 
A chaud (comme à froid d'ailleurs) je reste très partagé sur ma prestation. Sans cesse, je me suis situé entre force et courage, sans toutefois pouvoir m'exprimer à mon plein potentiel. 
 
Je suis donc mitigé entre la satisfaction et la frustration. Tout ne s'est pas déroulé comme je l'avais imaginé, mais le gros point positif reste ma capacité à n'être jamais sorti de ma course, tout en sachant "pourquoi je faisais ça", et "pourquoi j'étais ici". Le fameux " ici et maintenant ". 
 
De plus, dans un contexte émotionnel très difficile ces derniers mois, je peux me satisfaire d'avoir effectué une telle course face à cet énorme niveau (densité) de coureur. 
 
Je me rends compte, pour l'avoir énormément ressenti durant cette aventure, qu'un sportif peut s'exprimer pleinement et librement, si et seulement si les planètes sont toutes bien comme il faut alignées. Voici un axe de travail intéressant pour les échéances futures. 
 
L'ULTRA c'est un mode de VIE. Prendre le départ d'un ULTRA TRAIL c'est quelque chose d'absolument magique. On vit tout un tas d'émotions en condensé. Sur chaque épreuve, il y a son lot d'incertitudes et son lot de chemins semés d'embûches. 
 
De nature plutôt timide et introvertie, c'est clairement ma façon de m'exprimer. Malgré la difficulté, je peux affirmer avoir pris beaucoup de PLAISIR sur ces sentiers. Et je crois que c'est bien là l'essentiel. 

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:35
ULTRA TRAIL DES MONTAGNES DU JURA
Année particulière, saison particulière. 
 
Au mois de mars dernier, tous les plans sportifs de ma 40e année tombent à l'eau, alors je rebondis vite et sors de ma poche le plan B. 
Un ULTRA dans le Jura, 1ère édition, pas loin de la maison. C'est tentant. C'est local. C'est Français. C'est sauvage ! 
 
Quand je me suis inscrit à cette course, j'étais (très) loin d'imaginer ce que j'allais vivre. 
Les semaines et mois de préparation défilent à grande vitesse avec des moments tout particuliers, notamment cet été avec un T.M.B et une traversée du Mercantour mémorable. N'est-ce pas Carole ? 
 
A 15 jours de l'UTMJ, les premières prévisions météo ne sont pas bonnes du tout. Et cela ne s'est jamais arrangé. Tranquillement, j'ai commencé à me préparer mentalement afin de me mettre en mode "Prépare-toi à prendre des seaux d'eau sur la tête". Et puis l'échéance approche, et tu sens que c'est inéluctable. On va prendre cher ! 
 
Il y a des jours comme ça où on ne se doute absolument pas que les quelques heures qui vont suivre vont marquer notre vie à jamais ! 
 
Je me dirige vers la ligne de départ, aux côtés de mon assistance, assez sûr de moi. La préparation peut toujours être meilleure. Mais je ferais avec les armes du jour. Les sensations lors des derniers entraînements étaient bonnes. Espérons juste que ce soit les mêmes aujourd'hui. 
 
Sur la ligne, je suis concentré et vu les circonstances actuelles, bien conscient de ce que je suis en train de vivre. Je partage le même sentiment qu'Antoine Guillon (qui dans le même temps prend le départ des 100 Miles Sud de la Franc dans les Pyrénées). 
 

"Quel plaisir de participer à un trail. Cela n’a rien à voir avec une sortie seul dans son coin. Après plusieurs mois de cette insupportable mascarade, bien que les dirigeants s’acharnent à vouloir nous faire croire qu’il est dans notre intérêt de nous éloigner les uns des autres, de nous méfier de tous, de craindre les rassemblements, de nous terrer, de rester pendus à leurs lèvres et aux écrans, d’accepter toutes les contraintes, y compris celle de nous masquer, et bien ce simple moment de partage est revitalisant et il s’ajoute à tous ces mouvements, ces interventions de milliers de médecins, d’avocats et d’éminents scientifiques  qui dénoncent l’inacceptable, les chiffres faux, la dictature, qui tentent avec enfin davantage de résultat de réveiller la population, de sauver des milliers de vies dûs aux dégâts collatéraux, d’arrêter cette folie collective. Il faut réagir avant que les rhumes hivernaux (dont 4 formes sont des souches Covid : Hcov 229 E, Hcov OC 43, Hcov NL 63, Hcov HKU1) soient confondus volontairement (et c’est déjà le cas) avec le « 19 » pour nourrir les médias, affoler la masse et alimenter la propagande. Pensez aux enfants, au manque de respect qu’ils ont et auront de l’adulte, et ils ont bien raison. Quel avenir noir se profile pour eux à leur insu ! Le changement ne peut pas venir d’eux. Pendant ce temps, 18 000 enfants meurent de faim chaque jour ! Je ne suis pas donneur de leçon mais je n’accepte pas d’en recevoir d’infondées. Aujourd’hui, je suis fier de courir pour donner l’exemple, et je remercie tous les trailers qui se sont élancés dans ces différentes traversées. Je ferme cette parenthèse".

Vendredi 02/10, départ à 8h.
Lancrans > Chézerys Forens KM 22 / 1271 D+
 

Les 250 coureurs sont rapidement dans le vif du sujet. C'est 1169 D+ qui se dressent devant nous. Autant partir prudemment. Je surveille mes pulsations. Mon rythme semble parfait. J'avale les premiers kilomètres avec beaucoup de plaisir et de lâcher prise. La pente s'accentue régulièrement jusqu'à rentrer dans un épais brouillard. On bascule sur un terrain technique car glissant à souhait. C'est difficile de voir les balises, mais je m'en sors sans encombre. En bas des pistes, à Chézerys, premier contact avec mon assistance. Chacun sait ce qu'il a à faire. Tout va finalement très vite.

Crédit photo: Benjamin Becker

Crédit photo: Benjamin Becker

Chéserys Forens > Bellecombe
KM 36 / 2378 D+ / vendredi 02/10 à 12h51'
 
A peine le temps de leur parler que je suis déjà reparti vers le Crêt de Chalam, une grande classique des coureurs du coin. La montée se veut régulière sans trop de technicité. Quasiment tout se court. Puis je bascule à la borne au lion avant de filer vers Bellecombe. Là, j'arrive sur un grand plateau où il faut dérouler, pas mon point fort. L'eau qui nous tombe dessus depuis quelques heures commence déjà à se faire ressentir. Pour faire court, je suis trempé ! Mon assistance m'attend ici. J'en profite pour me faire biper et foncer au coffre de ma voiture où tous les gentils parapluies s'ouvrent au-dessus de ma tête le temps que je mange un peu. J'échange un peu avec eux. Ils comprennent vite, sans trop que je m'éparpille, que ça va bien malgré le déluge. 
Crédit photo: Benjamin Becker

Crédit photo: Benjamin Becker

Bellecombe > Les ROUSSES
KM 68 / 3182 D+ / Vendredi 02/10 à 16h42'
 
Une section roulante, cassante, vallonnée. Les petits monts s'enchaînent assez bien pour ma part. Ma foulée reste fluide. Musculairement, tout va encore très bien.
L'enjeu sur cette section ne se situe pas vraiment sur le terrain, mais plutôt sur ce qu'il est en train de tomber du ciel. La pluie devient tellement forte qu'elle commence (déjà) violemment à atteindre les organismes. C'est clairement beaucoup trop tôt pour un ULTRA qui fait 180 km !!! 
A la première base de vie des Rousses, Sébastien Chaigneau (ici présent avec Mouss film) se rapproche de mon assistance pour leur indiquer l'exactitude des démarches à suivre si on veut, ne serait-ce qu'espérer, me voir aller au bout. 
Voilà ce qu'il faut faire : "Carole, c'est simple, quand Romain arrive, vous le déshabillez entièrement des pieds à la tête, vous le séchez, il se rhabille avec des vêtements secs et étanches, et seulement après-ça, il mange!" OK merci SEB, on va faire comme ça. 
Quand j'arrive aux Rousses, mon cerveau n'est déjà plus capable de penser par lui-même tellement les conditions météo sont rudes dehors. C'est hallucinant de ressentir ça alors que j'ai seulement couru 68 km. Je m'en remets à eux. 
Quand je pénètre dans la base de vie aux Rousses, je suis comme dans un nuage. Dans ma bulle. J'entends des voix me dire quoi faire. J'exécute comme je peux. Ça s'affaire autour de moi. Ils ont tous l'air de savoir ce qu'il faut faire. Puis, petit à petit, une douce chaleur commence à revenir sur mon corps. sans trop que je m'en rende compte, je me retrouve habillé avec des nouveaux vêtements. J'ai de l'appétit, je mange et bois chaud. Ça me fait un bien fou ! Je reviens progressivement à moi. 
Avec du recul, à l'heure où j'écris ces lignes, Carole, mes parents, Xavier et Seb ont sauvé ma course. ICI ! AUX ROUSSES ! C'est ici que tout s'est joué !
Crédit photo: Benjamin Becker

Crédit photo: Benjamin Becker

Les Rousses > Chapelle des Bois
KM 105 / 4638 D+ / samedi 03/10 à 01h47'
 
En sortant des Rousses, je profite des bénéfices de cette stratégie durant au moins 1h30. On dirait que la chaleur de mes vêtements ne veut plus me quitter malgré les seaux d'eau qui continuent à tomber du ciel. Je revis (un peu). Je traverse les villages et j'enchaîne les kilomètres sans trop de difficultés. J'allume ma frontale un peu avant Morbier car le jour se fait de plus en plus rare, et les sous-bois deviennent piégeux. 
C'est ici au village du fromage braisé que je vois Xavier (assistance) pour la dernière fois. C'est non sans un pincement au cœur que je l'écoute attentivement me donner ses dernières consignes de pacing. Après ceci, c'est mon ami Guillaume qui va compléter la TEAM et remplacer Xav. J'aurai toujours une pensée émue pour le dévouement de toutes ces personnes qui vibrent à mes côtés. 
Depuis Bellefontaine, je vais continuer à prendre de l'altitude jusqu'à me retrouver dans un épais brouillard. Quand j'arrive sur les crêtes, je dois résister aux rafales de vent qui prennent de la vitesse le long de la paroi rocheuse et saisir la pluie pour venir fouetter mon visage. Là haut, je vis l'enfer. Les conditions étaient terribles. L'homme, à cet instant précis, n'avait pas sa place à cet endroit. La nature était trop puissante. Peu de temps après, je commence à entendre un bruit bizarre dans ma tête. Tiens, étrange ! Qu'est-ce donc ? Je mets quelques minutes à comprendre que ce sont mes dents qui claquent fort les unes contre les autres et que le bruit résonne au plus profond de mon crâne. Il est déjà trop tard. L'hypothermie n'est plus très loin. J'ignore dans quel état je vais revoir mon assistance à la Chapelle des Bois. Je finis cette section comme je peux. Avec les moyens du bord. 
A 1 km du ravito, Guillaume m'attend sous son parapluie et m'accompagne en courant pour rejoindre le centre du village. Il me briefe. "Romain, les mecs devant toi, ils s'arrêtent au moins 40 minutes ici. Tu n'as pas le choix. Comme aux Rousses, on va entièrement te changer. L'organisation a accepté d'ouvrir des WC publics juste à côté dans la zone d'assistance pour que tu puisses t'y mettre dedans". Je lui fais part de mes doutes. C'est la première fois depuis le départ que je doute de mes capacités à rallier l'arrivée, tellement le froid m'a esquinté. 
Même avec du recul, je suis incapable de dire exactement ce qu'il s'est passé ? Transi de froid. Je n'étais plus maître de moi-même. Je ne maîtrisais plus mes mouvements. Mon corps est en hypothermie. On me place comme prévu dans les WC publics à l'abri du froid et des courants d'air. Mon assistance s'affaire autour de moi. Je suis dans un autre monde. Physiquement là, avec mes proches. Mais cérébralement ailleurs. Tout le monde comprend rapidement l'urgence. En moins de deux, je me retrouve dans le plus simple appareil avec 4 personnes qui me frictionnent le corps avec des serviettes pour me sécher. Malgré ça, mon corps ne réagit pas. Le froid est trop profond, il est trop lent à se réchauffer. En même temps que je mange pour absorber des calories, ils m'aident à me rhabiller. Rien n'y fait. Même pas les vêtements secs. Je suis obligé de finir dans la voiture, chauffage à fond. Mon père me demande si je sens la chaleur ? Je lui réponds que : "Trop peu". Alors que personne n'arrive à tenir dans le véhicule tellement la chaleur est insoutenable dans l'habitacle, moi, je la sens à peine. Je reste assis à la place avant du passager durant 5 minutes. Et là, une lumière me monte au cerveau : "Ne reste pas une seconde de plus ici Romain !!! Dégage d'ici !!! Sinon, tu ne repartiras jamais !!!" Ni une ni deux, j'ouvre la porte, fini d'ajuster ma tenue sous les parapluies et file retrouver les sentiers. Je suis réchauffé. Et j'ai échappé aux sirènes du sommeil, ainsi que du nid douillet que représentait il y a quelques minutes la voiture de mes parents. L'aventure continue...
Crédit photo: Benjamin Becker

Crédit photo: Benjamin Becker

Chapelle des Bois > Jougne
KM 144 / 5800 D+ / samedi 03/10 à 4h57'
 
Je sors de la Chapelle des Bois par les pistes de ski de fond (comment faire autrement dans le Jura ?), puis je remonte la combe des Cives. Je me sens mieux. Mes vêtements secs (pas pour longtemps !) m'aident à gagner en lucidité. Ma foulée est encore bonne. Les kilomètres défilent à bonne allure d'ULTRA. Tout va mieux ! 
Ensuite, j'emprunte les single au-dessus de ChatelBlanc avant d'arriver au tremplin de saut à ski qui accueille chaque année la coupe du monde de combiné nordique. Quand j'arrive au départ du tremplin, j'aperçois, tout petit en bas, le ravitaillement de ChauxNeuve. Ce sont 700 marches à descendre sous des trombes d'eau et un vent qui incline la pluie à l'horizontal. 
Quand je regardais les vidéos de mon assistance le lendemain de la course, j'étais choqué par la violence et le bruit de cette tempête. La preuve encore une fois qu'on ne vit pas la même chose quand nous sommes en action, ou spectateurs. Le cerveau nous permet de réaliser des choses fantastiques !
En bas, je me glisse sous la tente du ravitaillement. Au chaud. L'ambiance est au top grâce aux bénévoles tous plus sympas les uns que les autres. J'aperçois 3 coureurs en totale perdition, assis sur un banc. Les yeux rivés dans le vide. Sous une couverture. Touchés par le froid et les difficultés. Je compatis sincèrement. 
Je repars d'ici par une belle montée à travers les alpages, les prés bois et la forêt pour atteindre le Mont d'Or dans un épais brouillard. La descente sur Jougne se fait par une piste de ski excessivement raide. J'essaie d'économiser au maximum mes quadriceps en appliquant une foulée très rasante. Cette stratégie sera payante car elle me permettra de bien relancer sur le bas. 
Au vu des conditions météo, il se murmurait que l'organisation allait raccourcir le parcours et donc éviter aux coureurs de relier la Suisse par le Mont Suchet. L'idée était d'arriver à Jougne et de rentrer directement à Métabief, site d'arrivée. 
Avec tout ce qu'on s'est pris sur la tête depuis le départ, j'ai commencé  à me faire à l'idée que c'était une bonne solution et que pour la sécurité de tous, il devenait important de modifier ce parcours. 
Au-dessus de Jougne, Guillaume m'attend sous son parapluie pour effectuer le dernier kilomètre à mes côtés. Il me dit : "Romain, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle! La bonne, c'est que tu es 4e au classement !" Je n'en reviens même pas quand je l'entends. 4e !!?? Je me sentais en grande condition, mais de là à accrocher le top 5, quand même pas ! C'est quoi la mauvaise nouvelle ? "Romain, pas de neutralisation de course. Le parcours n'est pas modifié !". Sur le moment, je l'ai mal pris car franchement quand ça fait déjà plusieurs kilomètres qu'on se prépare à rentrer directement, là d'un coup, le poids sur les épaules s'alourdit. Mais pas le choix. Il faut vite rebondir. On avait prévu de faire 180 km, alors on fera 180 km, même avec ces conditions météo apocalyptiques...
A la base de vie de Jougne, même combat qu'aux Rousses. Se changer intégralement et rapidement reste la priorité. Je passe quelques minutes entre les mains du podologue qui me sèche les pieds avec une solution. Imaginez un peu le résultat quand vos pieds baignent dans l'eau depuis presque 21h ! Hormis les pieds un peu flétri, je n'ai aucune égratignure ni ampoule. 
Je prends le temps de bien manger, et écoute attentivement les consignes de mon assistance. Leurs mots sont très réconfortants et encourageants. J'ai une sacré TEAM autour de moi. 
Quand je décide de m'élancer pour affronter la suite du parcours, Olivier Morin TEAM Trace de Trail (5e) arrive tout juste à la base de vie. A son regard, je comprends qu'il est dans le dur. J'apprendrais plus tard qu'il n'est pas reparti. J'aurai tellement apprécié faire un bout de chemin avec lui. Déjà pour casser la solitude mais aussi parce que c'est un coureur que j'apprécie. Je suis applaudi par les nombreux bénévoles au moment de quitter la salle, ça fait chaud au coeur !
Crédit photo: Benjamin Becker

Crédit photo: Benjamin Becker

Jougne > Baulmes (Suisse)
KM 160 / 6524 D+ / samedi 03/10 à 8h30'
 
Je traverse Jougne, bien décidé à en découdre avec la suite du parcours. Le début de l'ascension au Mont Suchet n'est pas très pentue. Mais quelque chose cloche. Je vois au travers du faisceau de ma frontale des trucs bizarres qui tombent du ciel. C'est de la neige. Oui, c'est de la neige. Plus je monte, et plus les flocons se font gros. Sous le refuge de la queue par la côte d'angle, la neige se met à tenir au sol. C'est tout blanc. Je sens que la température diminue encore, et encore, et encore ! A peine croyable, après le froid, les rafales de vent, voilà que la pluie incessante se transforme en neige ... A ce moment-là, je n'ai plus les mots pour exprimer ce que je ressens. 
J'aperçois au loin le ravitaillement de la Grange Neuve et un homme avec une frontale qui vient à ma rencontre. C'est le chef de poste du ravito qui, plein de bienveillance, vient prendre la température du bonhomme (hahaha !!). Je lui dis que j'hallucine de voir autant de neige, et que je ne m'arrête pas sous sa tente. C'est Fort-Alamo ! Je file direct au sommet du SUCHET. Il m'indique le chemin, et me précise qu'il reste précisément +300 D+ avant d'atteindre la croix. 
Plus je monte, et plus le milieu dans lequel je me retrouve est hostile. Presque arrivé au sommet, je dois avant ça traverser tout le plateau. Le vent souffle très fort. La neige tombe de plus en plus abondamment. J'ai du mal à lire les trajectoires car les balises sont camouflées par la neige. C'est la première fois depuis que je pratique ce sport que je me dis : "Ne t'arrête surtout pas ici  ! Cours le plus vite possible." Avec franchise, j'ai craint pour mon intégrité physique !!!
Une fois le plateau traversé, je bascule en Suisse vers Baulmes. J'assure mes appuis durant les 1000 D- tellement le terrain est technique et glissant. Chaque caillou est un piège qui peut vite faire basculer le scénario. Mes qualités de descendeur me permettent de limiter les dégâts et j'atteins Baulmes où je retrouve mon assistance au niveau du ravitaillement. 
Crédit photo: Benjamin Becker

Crédit photo: Benjamin Becker

Baulmes > Pré Malvilain > Métabief
KM 180 / 7800 D+ / samedi 03/10 à 12h56'
 
La montée vers les aiguilles de Baulmes est la dernière grosse difficulté de la course. Il faut passer ses 1000 D+ pour revenir en France. La montée est très sèche pour commencer. Mes bâtons me sont très utiles. Puis j'emprunte un chemin de crête avant de rallier le sommet. Les 7 à 8 cm de neige posés au sol m'empêchent de bien progresser. Je m'agace et m'impatiente parfois de devoir tenir ce faible rythme, tellement c'est impraticable. Ça glisse énormément. Peu avant le sommet, je me retrouve nez à nez avec un énorme chamois. J'en ai déjà vu beaucoup des chamois. Mais celui-là, croyez-moi, c'était vraiment une belle bête, et je n'ai pas halluciné. L'idée qu'on soit (seuls) tous les deux sur cette crête imprime un rictus (sourire) sur mon visage. Le Jura est sauvage. Ça me plait ! 
Ensuite, je plonge vers le dernier ravitaillement au-dessus du Laquerez dans la campagne jougnarde. La descente est raide au départ et la trace se veut très glissante avec la neige. Puis la terre réapparaît progressivement jusqu'à atteindre le dernier ravitaillement. Ici, il me reste 10 km pour toucher au but ! 
Physiquement, mon assistance remarque que je suis en train de lâcher. Mais n'est-ce pas un peu normal ? Après avoir bu un bon thé chaud, je m'élance dans la ferme intention de boucler la boucle du mieux que je peux. Cette dernière section n'est pas du tout technique. Mais avec 170 km dans les jambes, disons que ça change un peu la donne. Musculairement, je suis raide. Mais je cours encore sur les parties plates et descendantes. Et je marche le plus vite possible dans toutes les ascensions. La dernière montée vers le Mont Ramey est "savoureuse". Quadricipalement insupportable ! Le vent me fait entendre le speaker à Métabief. Je me dis alors que je ne suis plus très loin. Un spectateur / accompagnateur me reconnait. Il a des mots d'une gentillesse incroyable à mon égard. Il me dit qu'il m'a suivi depuis le début et que j'ai réalisé une course sensationnelle. Il me demande la permission pour courir à mes côtés un petit moment. Chose que j'accepte volontiers. Il me laisse 100 mètres au-dessus de l'arrivée. J'essaie de profiter au maximum de cette dernière descente où j'aperçois très nettement la ligne d'arrivée. Mais j'ai mal un peu de partout alors s'est difficile à ce moment-là de savourer pleinement. J'entends que le speaker fait monter la pression à mon approche. J'ai qu'une hâte : franchir la ligne pour en finir !
 
Honnêtement, je ne réalise pas du tout ce que j'ai fait. A quelques mètres de la ligne, Guillaume est là pour une tape amicale. Ce geste signifie tellement. Ces derniers mètres, ce n'est pas pour moi, c'est pour mon assistance. Mes proches. Ceux qui m'ont suivi. C'est leur cadeau. C'est pour eux !
 
Je termine cette traversée en 28h56' à la 4e place et 2e M1. 
 
Je me jette dans les bras de Carole et de mes parents. Je les sers fort contre moi. Je les remercie du fond du cœur. Quel dévouement ! Quelle assistance ! Quelle preuve d'amour dans de telles conditions ! 
Puis je me rapproche du speaker qui me pose quelques questions auxquelles je réponds avec plaisir. 
Crédit photo: Benjamin Becker

Crédit photo: Benjamin Becker

Il m'aura fallu du temps, beaucoup de temps, pour commencer à réaliser ce que j'ai fait. Je ne parle pas seulement de cette 4e place au scratch dont je suis bien évidemment ravi. Je fais surtout allusion à ces 29h d'efforts, dont 27h sous une pluie incessante, avec des rafales de vent, des tempêtes de neige, dans un froid polaire. Je parle aussi ici de ce que le cerveau est capable de faire faire à l'homme quand il est conditionné pour atteindre son objectif. Plus rien d'autre n'existe. Le dépassement de soi prend tout son sens dans une telle épreuve. C'est seulement au lendemain de la course, après une grosse nuit de sommeil, que j'ai commencé à comprendre ce qui s'était réellement passé. C'est en voyant les vidéos de mon assistance. Notamment celle quand je descends le tremplin à ChauxNeuve. Le vent est tellement fort que l'on aperçoit la pluie à l'horizontale avec un bruit assourdissant synonyme de violence extrême. La nature était hostile. Et nous l'avons défiée. Il fallait être solide et déterminé pour aller au bout de cette aventure. La moindre erreur à ce niveau, tu la payes cash ! L'ULTRA c'est exactement ça !
Crédit photo: Benjamin Becker

Crédit photo: Benjamin Becker

REMERCIEMENTS:
 
- À Carole, ma bien-aimée. Waouh ! Qu'est-ce que tu nous as fait là ? Il parait que tu as piloté ça de main de maître ... ;-) Tu es une magnifique personne... (ps: la gamelle au centre, la compote à gauche, mdr !)
 
- A mes parents. Merci pour votre dévouement exceptionnel. Je me souviendrai toute ma vie de ce 02/10/20 à vos côtés ! Vous m'inspirez tellement ! Merci de m'avoir transmis ces valeurs et cette éducation.
 
- A Xavier et Guillaume. Mes deux amis. Merci pour votre soutien moral et vos paroles motivantes quand ça commençait à douter sous la capuche … Sans vous, la course n'aurait pas été la même, c'est certain !
 
- A Kévin. Mon Kiné. Quel super travail on accomplit ensemble depuis déjà quelques années ! Du bon boulot. Cette course était aussi pour toi ! T'es un mec au top !
 
- A Damien. TITO pour les intimes. La Réunion n'est jamais très loin. Merci pour le partenariat avec PACE TRAIL ! Plus de doutes, tes méthodes marchent !
 
- A Gilles GALOUX. Co-fondateur de Baouw-Organic-Nutrition. Merci pour ton soutien. De croire en moi. Si tu savais le nombre de purées BAOUW que j'ai ingurgité durant cet UTMJ !!??
 
​- Et bien entendu merci à tous ceux qui m'ont soutenu de près ou de loin avec vos SMS.

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