14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 10:53

J’aborde ce deuxième rdv de la saison plutôt bien préparé. Cela fait quelques semaines déjà que je me sens bien. Les sensations à l’entrainement sont bonnes. C’est donc avec un capital confiance assez important que je me présente au départ de ce trail Tour des Fiz. L’idée est de prendre du plaisir, mais aussi d’essayer de réaliser une course sérieuse sans me prendre la tête avec un chrono ou une place au classement scratch.

Trail tour des fiz

Nous sommes le dimanche 27 juillet, 5h du matin, le départ s’apprête à être donné. Je me trouve sous l’arche de départ. Je suis très content d’être ici. L’idée de découvrir ce tour des Fiz m’enchante car je l’ai découvert il y a tout juste un an lors d’une randonnée pour monter au sommet de l’aiguille de varan. (Récit ici). Ce jour là, je suis littéralement tombé sous le charme de ce parc incroyable. En balcon sur la chaine du mont blanc, les paysages sont à couper le souffle. Il est réputé pour être le ou l’un des plus beaux trail en France. J’ai donc hâte de découvrir ça…

Allez c’est parti. Les 300 partants sont lancés. Ayant bien examiné le profil, ma politique de course est on ne peut plus simple: ne gaspiller aucune énergie de façon inutile. La course va être longue, et je sais que le final sera à mon avantage. Alors autant ne pas faire n’importe quoi… j’adopte pour un départ des plus prudent.

L’idée général du parcours est de faire le tour du massif en passant par les 8 refuges du parc. A chaque refuge nous trouvons un ravitaillement. Ce qui est une bonne chose pour la gestion des boissons, etc, … car les accompagnateurs ne peuvent pas suivre (hormis sur internet) l’évolution des coureurs. Le parc est très enclavé. Le parcours est sauvage et très difficile, voir impossible, d’accès en voiture. Au moins, les règles sont les mêmes pour tout le monde.

Trail tour des fiz

Mes jambes sont bonnes en ce début de course. La pente arrive assez rapidement pour prendre la direction du refuge de varan. Je reconnais les lieux. C’est sympa de se remémorer certains moments. Le lever du jour sur le massif du mont blanc est impressionnant. La neige s’embrase d’un seul coup. Elle devient orange puis couleur feu. Cela fait 1 heure qu’on court et le spectacle est déjà digne des lieux.

Je découvre la montée de la cheminée de varan. Un couloir creusé dans la montagne. Avec les averses intenses et fréquentes de ces derniers jours, l’eau coule avec abondance le long des parois. C’est impressionnant.

Le passage au refuge de platé est très bref, juste le temps de recharger les niveaux d’eau. Je commence la montée vers le col de portette. L’endroit est superbe. Le Mont blanc est dans notre dos. Il y a quelques supporters au col qui nous observe et nous voit monter depuis le refuge. La montée n’est pas longue, mais assez pentue par endroits. Depuis le départ, nous sommes dans l’ombre et l’humidité matinale. Nous sommes cachés du soleil par la montagne. Alors quand j’arrive au col, je suis tout à coup éblouie par les lumières du soleil qui réchauffent miraculeusement le corps et l’esprit d’un seul coup. Quelle vue! Le passage est mythique car il détermine en quelque sorte la frontière entre deux « cirques » qui composent le parc. De là, ça descend jusqu’à Salvagny. On perd beaucoup de dénivelé.

La descente est rapide, mais le départ dans les lapiaz ne laisse place a aucune erreur. Sinon, les chevilles peuvent prendre chères!

Je déboule sur les cascades du parc. Les fameuses cascades dont tout le monde parle. Et bien! Ca vaut le détour! Plusieurs cascades s’enchainent les unes après les autres. Et encore une fois, avec toute l’eau tombée du ciel durant ce mois de juillet, il y a un sacré « bouillon »…

A Salvagny, parc de Sixt, c’est ravito obligatoire. Nous sommes à la mi course. Ma grande satisfaction, à ce point là du parcours, est que je me sens encore vraiment frais. J’ai la sensation d’avoir vraiment su gérer toute cette première partie. Mais j’ai néanmoins conscience que le plus dur reste à venir.

En effet, la montée vers le refuge de grenairon fut plus compliquée que je ne le pensais, même si avec du recul, j’ai effectué une bonne ascension. J’ai su garder le même rythme quand les coureurs avec moi ont pu accélérer. Alors là je me suis dit qu’il ne fallait pas nécessairement essayer de les suivre, mais plutôt de garder mon rythme afin de ne pas compromettre le restant de ma course. Et bien m’en a pris! A vouloir suivre un rythme qui n’est pas le sien, on se grille souvent les ailes.

Au refuge de grenairon, j’ai droit à un contrôle de sac. Ravitaillement. Je suis content d’en avoir fini avec cette montée, car c’est un bon morceau de passé.

Puis j’entame la longue descente qui va me mener au refuge des fonts. Je la trouve exigeante musculairement. Mais comme à chaque fois dans cet exercice je me sens à l’aise. Je cours relâché. Après quelques kilomètres, je revois, comme par hasard, quelques coureurs qui m’avait laissé dans l’ascension de grenairon. Cette fois, je suis convaincu que ma tactique était la bonne.

Au pied de la plus grande difficulté de la journée, soit vers le refuge Alfred Wills puis l’enchainement avec le col d’anterne, je me retrouve avec comme seul compagnie: les paysages. Pas un seul coureur à l’horizon. Et je dois avouer que cette ascension fut longue. Aussi bien physiquement que moralement. Je connais un moment de doute dans cette ascension qui me semble interminable. Je manque tout a coup de lucidité. Je marche beaucoup depuis quelques minutes. Le moral est en baisse. Un coureur revient de l’arrière. Je lui demande s’il connait le parcours. il me répond que non. Je lui affirme avoir, à cet endroit de la course, beaucoup plus de kilomètres que ce qui était prévu. Il me réponds que lui aussi. Tous les GPS nous indique environ 5 à 7 km de plus. J’en conclue que la course ne fera pas 61 km au total, mais plutôt 65 voir 67 km.

Le coureur en question me double, puis je le repasse, etc… ça durant un bon moment.

Au détour d’un virage, des marcheurs qui se promènent en contre sens de la course, m’annonce que le sommet est à 15min, et le refuge a 20. Je tiens le bon bout. Les encouragements se font nombreux. Le col est là. Je bascule sur le refuge Alfred Wills.

Au refuge, il est impératif de recharger les batteries.

Puis j’attaque l’ascension vers le col d’anterne. Un groupe de coureurs effectuent la montée avec moi. Le rythme est bon. Et la croix du sommet se laisse entrapercevoir, ce qui donne des ailes, …

Après 9h15 de course, je bascule vers le refuge de Moede Anterne. Je sais qu’il me reste environ 10 km de descente pour rallier l’arrivée.

Je ne m’arrête pas au refuge pour me ravitailler. J’ai tout ce qu’il faut sur moi. J’effectue une descente correcte. Je suis avec un coureur anglais du team NorthFace. Ca descends vite. Malgré les portions parfois techniques avec de grosses pierres bien glissantes, l’allure est soutenue.

Le final s’approche. Tous les bénévoles sont au top pour dire à chaque fois un mot sympa.

Je franchis la ligne d’arrivée au terme des 67 km (GPS) - 5000 D+ - en 10h26’. Je me classe 30e au scratch. La journée est réussie. Je savoure l’instant. Je me dit qu’après plusieurs années sans courir, le travail accomplie depuis quelques mois commencent à payer. Il me manque encore du volume pour savourer pleinement de bout en bout ce genre d’événement. Mais l’essentiel est que j’ai prie beaucoup de plaisir aujourd’hui. C’est plus que jamais mon leitmotiv.

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 21:14
Ultra tour du beaufortain - 21 et 22 juin

Quand l’hiver dernier Will m’appelle pour me proposer de faire le tour du beaufortain, entre copains, en version OFF (en respectant le tracé de l’épreuve qui se déroule à la mi juillet), la question fait ni une ni deux! Ma réponse est immédiate: je viens! Ce projet je l'avais coché il y a déjà bien longtemps, mais je n'avais encore pas eu le temps de le réaliser. Et l'occasion c'est présenté.

Habitant à seulement 20’ du départ, c’est l’occasion de découvrir un endroit encore trop peu visité. J’entendais beaucoup parlé de ce massif en bien! Et je dois dire qu’après l’avoir fait, je peux confirmer que le beaufortain est grandiose!

Quel terrain de jeu!!! C’est simple, on retrouve de tout. Des singles roulant à très techniques. Des pierriers. Des passages engagés, et aériens. Des crêtes. Des vues incroyables sur les massifs voisins… du sauvage, du sauvage, et du sauvage !!!

Bref, toute la panoplie pour les montagnards intéressés de découvrir un massif qui mérite bien sa réputation.

Pour faire court, ce fût 2 jours de purs «esprit montagne», comme je les apprécie vraiment. Avec une organisation et une assistance au top. Le fait que will puisse nous suivre et nous assister à différents points du parcours, sur les 2 jours, nous a permis de courir « très léger ». C’était, il faut bien le dire, une version grand luxe et confort !!! Mieux qu'en course !

Nous avions décidé de découper les 105 km et 6400 D+ en 2 jours. Soit:

  • 1er jour: Queige - Refuge de plan de la lai = 50 km et 3900 D+

  • 2e jour: plan mya / plan de la lai à Queige = 55 km et 2500 D+

Au ressenti, ce fut 2 jours complètement différents:

  • Le premier, c’est de la pure montagne. Engagé. Du rustique. Des pierriers. Des montées sèches. Ca pousse fort sur les jambes. On se sent loin de tout. On court très peu. C'est de la pure rando-course. De plus, à cette époque là de l’année, nous avons rencontrés de nombreux passages encore très enneigés et par conséquent parfois bien engagés… Le passage de la pierra menta à la brèche restera gravé à jamais dans ma mémoire! Un endroit comme on en voit pas souvent... Le soir, la fatigue se fait quand même ressentir, mais la chaleur du refuge permet de recharger les batteries...

Samedi matin. 7h. le groupe est réuni. Après plusieurs semaines de prépa, on va pouvoir enfin s'élancer.

Samedi matin. 7h. le groupe est réuni. Après plusieurs semaines de prépa, on va pouvoir enfin s'élancer.

Col des lacs.

Col des lacs.

En direction du col des bonnets rouges

En direction du col des bonnets rouges

On évolue dans un décor de rêve. le ciel est complètement bleu et le soleil, même matinal, tape déjà fort

On évolue dans un décor de rêve. le ciel est complètement bleu et le soleil, même matinal, tape déjà fort

voilà une image de carte postale? Non! C'est le beaufortain

voilà une image de carte postale? Non! C'est le beaufortain

Passerelle de saint Guérin

Passerelle de saint Guérin

ravito de luxe au dessus du barrage de st Guérin. Table, et chaises. Boissons et nourritures, ... du grand luxe !!!

ravito de luxe au dessus du barrage de st Guérin. Table, et chaises. Boissons et nourritures, ... du grand luxe !!!

Ultra tour du beaufortain - 21 et 22 juin
Ultra tour du beaufortain - 21 et 22 juin
Passeur de la mintaz - vue sur la pierra menta. On traverse le névé pour rejoindre la pierre. passage magnifique avant de rejoindre le refuge de presset

Passeur de la mintaz - vue sur la pierra menta. On traverse le névé pour rejoindre la pierre. passage magnifique avant de rejoindre le refuge de presset

Ultra tour du beaufortain - 21 et 22 juin
Passage délicat pour rejoindre la brèche

Passage délicat pour rejoindre la brèche

Juste au dessus du lac de cormet de roselend

Juste au dessus du lac de cormet de roselend

Seconde journée

Après une bonne nuit de sommeil, nous repartons pour la deuxième partie. Elle est beaucoup plus roulante que la veille. Sans aucun doute, celui qui a su en garder pour la deuxième partie du parcours, le jour de la course, sera faire une énorme différence. Il y a beaucoup de descente, et les quadris prennent chère, très chère !!! Perso, j'ai adoré pouvoir courir autant sur cette seconde journée. Le groupe avait les cannes, on s'est vraiment tous fait plaisir!

Départ 2e jour. Dimanche matin. Depuis le refuge du plan de la lai où nous avons passé la nuit.

Départ 2e jour. Dimanche matin. Depuis le refuge du plan de la lai où nous avons passé la nuit.

Passage sur les crêtes avant le refuge du bonhomme.

Passage sur les crêtes avant le refuge du bonhomme.

Entre le col de la gittaz et le col du joly.

Entre le col de la gittaz et le col du joly.

Sous le col de la fenêtre. Les nuages matinales laissent petit à petit place au soleil. L'ambiance est au top, et les jambes aussi !

Sous le col de la fenêtre. Les nuages matinales laissent petit à petit place au soleil. L'ambiance est au top, et les jambes aussi !

Passage sur les crêtes avant de basculer sur les saisies. Ca sent l'écurie !

Passage sur les crêtes avant de basculer sur les saisies. Ca sent l'écurie !

La boucle est bouclée. Parcours extra. 105 km et 6400D+. On en a pris plein les yeux ! Chapeau aux organisateurs pour tous ces passages en single, techniques, aériens, ... j'ai adoré !!!

La boucle est bouclée. Parcours extra. 105 km et 6400D+. On en a pris plein les yeux ! Chapeau aux organisateurs pour tous ces passages en single, techniques, aériens, ... j'ai adoré !!!

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 17:57

Pour la deuxième fois, je suis finisher de cette magnifique course qu'est la Maxi Race. L'édition de 2009 restera sans aucun doute, avec ma 11e place, un souvenir impérissable. C'était pour moi, à l’époque, la découverte du monde de l’ultra trail…

Mais je pense que ce que j'ai réussi à faire ce samedi 31 mai 2014 à encore plus de sens.

Ma 120e place en 12h39’ peut paraitre anecdotique, mais c’est pour moi une véritable victoire qui me prouve, encore une fois, qu'il y a plusieurs façons de (com)battre la maladie.

Je suis heureux de ce dénouement face au défi que je m'étais relevé. Je ne souhaite pas plus revenir sur ces quatre dernières années tellement les épreuves ont été parfois dures à traverser.

Aujourd’hui, je ne veux laisser la place qu’à la réussite de ce projet, et l'espoir pour les jours qui viennent…

Je souhaite aussi, à travers ce récit, m’adresser à tous les malades de Crohn (et autres), pour leur dire qu'il ne faut jamais ... baisser les bras!!!

La course:

Le réveil est rude à 1h du matin. Le sommeil a été (très) léger. Mais l’adrénaline prend rapidement le dessus.

J’arrive au départ de cette course avec seulement 5 mois d’entrainement. En effet, je n’avais pas recouru sérieusement depuis 4 ans. Mais je sais que je suis prêt. Je me sens bien physiquement et mentalement. Je suis en forme car j’ai fait ce qu’il fallait pour prendre du plaisir sur ce parcours unique à renommée, désormais, internationale !

Il est 3h. Le départ est donné dans les fumigènes oranges aux couleurs du team tecnica depuis la plage d’albigny à Annecy-le-vieux. Ce sont un peu moins de 2000 coureurs qui s’élancent.

Maxi Race, tour du lac d’Annecy - C'est une victoire!
Maxi Race, tour du lac d’Annecy - C'est une victoire!
Maxi Race, tour du lac d’Annecy - C'est une victoire!

Je pars prudemment, à mon train. Les 2 premiers km sont plat. L’idéal pour s’échauffer. Nous longeons les bords du lac. Je connais cet endroit par coeur.

L’ascension du semnoz débute. Il s’agit d’une montée de 17 km avec 1500d+. La pente est régulière et agréable. J’ai des super jambes. Les sensations sont excellentes. Je ne m’enflamme pas pour autant. Je fais attention à mes puls. J’adore cette ambiance de la nuit, et ces flots de frontales dans l’obscurité. Je me laisse aller à doubler pas mal de coureurs pour arriver au sommet en 2h19’ en 134e position. Je suis agréablement surpris de ce classement car je suis bien parti dans les 250 premiers sur la ligne. De plus, j’ai vraiment l’impression d’en avoir beaucoup gardé sous la semelle. Le moral est au top. Le lever du jour sur la tournette et le massif du mont blanc est spectaculaire. Nous sommes au dessus de la mer de nuage. C'est grandiose.

Maxi Race, tour du lac d’Annecy - C'est une victoire!
Maxi Race, tour du lac d’Annecy - C'est une victoire!
Crêt de chatillon, sommet du semnoz...

Crêt de chatillon, sommet du semnoz...

Maxi Race, tour du lac d’Annecy - C'est une victoire!Maxi Race, tour du lac d’Annecy - C'est une victoire!Maxi Race, tour du lac d’Annecy - C'est une victoire!

Au ravito, crêt-de-châtillon, je m’arrête quelques secondes auprès de mon assistance de choc. J’ai vraiment le sourire car j’ai pris un max de plaisir dans cette ascension. Le temps de remplir un peu la poche à eau, et je repars aussitôt.

A peine quelques mètres plus bas, en direction cette fois de saint Eustache, je double un petit groupe de coureurs, et là j’entends: « Hé! Salut Romain! Alors ça, on aurait voulu le faire on y serait pas arrivé! » et qui vois-je? Christophe. Un ami de longue date, ancien coéquipier durant nos belles heures cyclistes. Et tous deux sommes désormais convertis à la pratique du trail depuis quelques années. La joie intérieure est immense, car le plaisir est totale et partagé. Puis la course continue…

La descente est assez longue. J’essaie tant bien que mal à retenir ma vitesse afin de ne pas me casser les quadris tout de suite. L’ultra c’est de la gestion du début à la fin. Et tout ces éléments mis bout à bout comptent pour parvenir jusque sur la ligne d’arrivée.

L’ascension du col de la cochette et des crêtes d’entrevernes se font dans une « bouillasse » sans nom! Le chemin est détrempé. Un ruisseau d’eau coule sur nos pieds déjà bien maltraités. Je ne m’attendais pas du tout à ça. Je ne pensais vraiment pas que le sentiers étaient aussi mal en point. On fait avec.

Les jambes sont toujours bonnes. Mais comme en 2009, ce long passage de bitume pour rejoindre le gros ravito de Doussard au km 44 m’use véritablement. C’est donc avec beaucoup de soulagement et de plaisir que je retrouve quelques visages familiers.

A quelques mètres du ravito de doussard, j'ai le plaisir de retrouver mon assistance et à ma plus grande surprise: Thierry.

A quelques mètres du ravito de doussard, j'ai le plaisir de retrouver mon assistance et à ma plus grande surprise: Thierry.

Je prends le temps de m’arrêter pour changer de vêtements, manger un peu, et recharger les rations d’eau. Les mots de mon entourage seront très important à ce moment là. Car je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais j’étais déjà plus usé que je ne le pensais. Avec du recul, je pense même que le physique m’avait très honnêtement déjà lâché un peu et que le moral était déjà en train de lutter… manque de lucidité? manque de repère? (4 ans sans mettre de dossard), toujours est-il que sur le moment mon cerveau était déjà conditionné pour aller au bout et rien d’autre!!! Je repars donc de Doussard beaucoup moins frais que prévu.

ravito Doussard

ravito Doussard

La montée jusqu’au roc de lancrenaz en passant par le somptueux col de la forclaz, et le chalet de l’aulp fut ardu. Les pentes sont parfois raides, très raides. Impossible de courir dans les montées. Je marche. Je pousse fort sur les bâtons. Les pierres glissent. Pas de doute, nous sommes dans l’ambiance ultra!!! Le tout dans un brouillard à couper au couteau. Impossible de voir à plus de 10 mètres. C’est du rustique. De la montagne authentique. J'aime ça.

Sommet col de la forclaz ... dans le brouillardSommet col de la forclaz ... dans le brouillard

Sommet col de la forclaz ... dans le brouillard

Un peu après le chalet de l’aulp, je prends le temps de mettre une veste "coupe vent" car ça commence à vraiment faire froid. Ca serait dommage de perdre du "jus" à cause de la température. Je vis un moment compliqué. Les jambes répondent de moins en moins dans cette montée. Je reconnais parfois à peine où nous sommes. Heureusement que le balisage est au top!

Je passe au sommet en 8h21’. Au moment où le bénévole me pointe, j’entends sur les ondes radios que le vainqueur de l’épreuve, Sebastien Spehler, s’apprête à en finir pour bientôt franchir la ligne d’arrivée. Chapeau! Chrono stratosphérique pour ce sympathique et talentueux coureur. C’est, je trouve, une perf incroyable. Une leçon de course à pied. Lui qui s’essayait sur la distance, c'est une première réussie!

Moi je plonge vers le ravito 3 qui se trouve à Menthon Saint Bernard. Descente usante. Technique. Cassante, et pleine de grosse « caillasse ». Je déteste ça. Je le dis, c’est le pire moment de ma course. Ca fait mal aux guiboles. La pente est abrupte. Et j’ai du mal a retenir mes jambes. Mes pieds s’entrechoquent sur les cailloux. C’est pas le pied!

Km 70, me voilà « enfin » au ravito de Menthon. Deux points positif, coup sur coup. Je revois des visages familiers, et le soleil fait son apparition. La température ne cessera d’ailleurs d’augmenter. Bonnes nouvelles.

A 17 km de l’arrivée, je sais que le plus dur est derrière moi. Je connais cette dernière ascension à venir, je me dis que si je gère bien, je peux basculer là haut dans 2 heures. Et c’est exactement ce qu’il se passera.

Arrivée au ravito de menthon st Bernard. Enfui dans ma veste, je me réchauffe seulement...

Arrivée au ravito de menthon st Bernard. Enfui dans ma veste, je me réchauffe seulement...

Un dernier clin d’oeil à mon assistance, et je repars. Le moral certes un peu entamé. Mais avec une seule envie, arriver au bout!

Les 1000 D+ qui m’attendent sont pentus. Faible kilométrage, et gros dénivelé. Là je donne tout. Je pousse sur les jambes. Je pousse sur les bâtons. Je me livre, je donne ce qu’il me reste. La pente est très raide par endroits.

Le palier au col des contrebandiers permet de donner un peu de répit, avant de reprendre la direction du sommet final, le mont veyrier. Je franchis les marches de pierres calcaires donnant sur le sommet. C’est fait. Je suis sur le dernier sommet de cette Maxi Race. Quelle vue là haut. Le lac d’annecy est couleur turquoise. Splendide. Je connais cet endroit par coeur, mais je ne m’en lasse pas.

Sommet du Mont Veyrier... photo http://mavoiemavie.overblog.com

Sommet du Mont Veyrier... photo http://mavoiemavie.overblog.com

Je longe la crête avec quelques passages techniques. Puis je m’engage vers la descente finale sur Annecy le vieux.

Les jambes me font de plus en plus mal, mais je sens l’arrivée désormais toute proche. Ca sent l’écurie. Au fil des minutes, je vois le lac se rapprocher, … jusqu’à ce que … je me retrouve à couper la route pour rallier l’arrivée.

A ce moment là, il reste 1 km. Les nombreux encouragements de dizaines et dizaines de personnes chaleureusement amassées sur les bords de route me font chaud au coeur. Ca pousse! Il y a tellement de monde sur le bord de cette piste cyclable, c’est impressionnant. La foule s’ouvre devant moi. Puis arrive le dernier virage, et je me retrouve sur le plage d’albigny. Le tapis rouge se présente devant moi. J’entends plusieurs fois mon prénom. Je savoure l’instant présent. C’est trop bon!

Arrivée Maxi Race - 86km - 5300d+Arrivée Maxi Race - 86km - 5300d+

Arrivée Maxi Race - 86km - 5300d+

Je franchis la ligne d’arrivée à la 120e position en 12h39’. La boucle est bouclée. 86 km - 5300 D+ .

J’ai trouvé la course dure, mais je n’ai jamais douté. Pas un seul instant. J’ai connu des hauts et des bas, comme le veut logiquement le monde de l'ultra, mais le moral n’a jamais lâché. Sans nul doute, j’aime ce format de course. J’aime ces tracés engagés. J’aime ces longs périples en montagnes…

Je me remémore tous ces moments passés. Ce que j’ai fais pour en arriver là. L’émotion me gagne. Peu importe la place, le classement, le chrono… J’ai juste en moi cette satisfaction d’avoir réussie. Mes proches sont autour de moi. Eux savent! C’est une victoire.

Le tour du lac d'Annecy par ses sommets ... belle balade!

Le tour du lac d'Annecy par ses sommets ... belle balade!

Remerciements:

Merci à mes parents. Mon père pour ses encouragements, son dévouement pour moi et son assistance au top.

Merci à Carole pour sa présence indispensable à mes côtés durant la course, ses mots, son sourire, son soutien...

Merci à Julien Rancon mon ami et entraîneur.

Merci à Julien Coppier mon kiné pour tout le travail réalisé au fil des mois. Quel boulot!

Merci à Olivier De Lagausie pour son incroyable talent d'ostéopathe.

Et enfin merci à vous tous pour vos très nombreux messages de soutien et d’encouragements durant la course que ce soit en SMS ou sur les réseaux sociaux.

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Photos:

Un grand merci à Timothée NALET pour ses superbes clichés.

N'hésitez pas à consultez son site - http://www.peignee-verticale.com

A chaud, ...

J’ai aimé:

La gentillesse des bénévoles. Leur présence. Leurs dévouements et leurs encouragements.

La qualité du balisage.

Je n’ai pas aimé:

Les trop grandes portions de routes bitumées.

Les trop grands et nombreux passages sur chemins forestiers carrossables 4X4 encastrés dans la forêt sans pouvoir apercevoir le lac (et autres paysages). Je pense qu’il y a d’autres alternatives pour rendre le tracé encore plus beau.

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